Nigeria : l’Onu Soutient un Projet de Loi contre le Harcèlement Sexuel

Les Nations Unies ont appelé les journalistes, les médias et les groupes de la société civile nigérians à mobiliser leur soutien pour le projet de loi interdisant le harcèlement sexuel dans les établissements d’enseignement supérieur.

Le Sénat tient actuellement une audience publique sur le projet de loi qui est réintroduit l’année dernière après que la BBC a diffusé un documentaire d’investigation produit par l’une de ses journalistes, Mme Kiki Mordi, sur le harcèlement sexuel dans les universités ouest-africaines.

La représentante de l’ONU des femmes  au Nigéria et dans la CEDEAO, Mme Comfort Lamptey, a fait cet appel jeudi à Abuja. D’après elle :

«Les femmes et les filles sont soumises de manière disproportionnée à la violence, notamment au fémicide, à la violence sexuelle, à la violence entre partenaires intimes, à la traite et aux pratiques néfastes.

«Les principaux obstacles à la compréhension de l’ampleur de ce problème comprennent la faiblesse des structures de signalement du harcèlement sexuel et de la violence dans les universités ; des déséquilibres de pouvoir extrêmes entre les étudiants et les professeurs et une culture de stigmatisation qui fait honte aux victimes et aux survivants », a-t-elle déclaré.

La représentante des Nations Unies a félicité Mme Mordi pour avoir utilisé «sa voix et ses dons pour plaider en faveur de l’égalité des sexes en mettant en évidence certains des problèmes pertinents touchant les jeunes femmes».

En octobre dernier, Mme Mordi a filmé un documentaire sur les pratiques du « sexe contre note » dans certaines universités ouest-africaines.

À propos du film de Mme Mordi, Mme Comfort Lamptey a notamment déclaré:

«Dans son documentaire révolutionnaire, Sex for Grades, Kiki a aidé à donner aux femmes et aux filles nigérianes survivantes de violences sexuelles un sentiment de justice.

«La violence contre les femmes et les filles est aujourd’hui l’une des violations des droits humains les plus répandues dans le monde. Une femme sur trois dans le monde a subi des violences physiques ou sexuelles », a-t-elle ajouté.

Dans son discours d’acceptation, Mme Mordi a déclaré qu’elle continuerait de plaider pour l’égalité des sexes et la justice sociale.

amené et traduit par Adekoya Badero

ibinimori

Journée Internationale de la Langue Maternelle : Nutifafa ou la Paix

L’initiative de célébrer une Journée internationale de la langue maternelle vient du Bangladesh. Elle a été approuvée à la Conférence générale de l’UNESCO en 1999 et est observée dans le monde entier depuis 2000.

 À l’occasion de la Journée internationale de la langue maternelle, célébrée chaque année le 21 février, l’UNESCO met la diversité linguistique à l’honneur et invite ses États membres à célébrer la journée dans autant de langues que possible afin de rappeler que la diversité linguistique et le multilinguisme sont essentiels pour le développement durable.

Et pour cause ! la diversité linguistique est de plus en plus menacée à mesure que des langues disparaissent. 40% des habitants de la planète n’ont pas accès à un enseignement dans une langue qu’ils parlent ou qu’ils comprennent. Néanmoins, on constate des progrès dans le domaine de l’enseignement multilingue basé sur la langue maternelle, avec une prise de conscience croissante de son importance, en particulier pour les enfants d’âge préscolaire, et plus d’engagement en faveur de son développement dans la vie publique.

Les sociétés multilingues et multiculturelles existent à travers leurs langues, qui transmettent et préservent les savoirs et les cultures traditionnels de manière durable.

L’UNESCO célèbre les “langues sans frontières” à l’occasion de la Journée internationale de la langue maternelle 2020.

Les langues locales et les langues transfrontalières peuvent favoriser un dialogue pacifique et contribuer à la préservation du patrimoine autochtone. Il est fréquent que les locuteurs d’une langue partagent une culture commune avec des communautés de pays voisins. C’est par exemple le cas pour le swahili en Afrique de l’est ou le yoruba en Afrique de l’ouest.

On comprend pourquoi le thème de la paix est mis en avant dans l’affiche de cette année, et qui est traduit dans maintes langues dont l’éwé où il se dit « Nutifafa », un concept dans lequel Fafadi se retrouve tout naturellement…

Linda Nukunu