Attaques en dessous de la Ceinture, Arme Facile contre les Femmes : le cas de l’Activiste Chantal Mutamuriza

Les femmes journalistes, féministes, militantes et défenseurs des droits humains du monde entier sont confrontées à un harcèlement virtuel. Dans cette série, l’alliance mondiale de la société civile CIVICUS met en évidence la nature sexiste du harcèlement virtuel à travers les histoires de femmes qui travaillent pour défendre nos libertés démocratiques. Ces témoignages sont publiés ici grâce à un partenariat entre CIVICUS et Global Voices.

Une crise politique s’est déclenchée au Burundi en 2015 lorsque l’ancien président Pierre Nkurunziza a décidé de briguer un troisième mandat. Au cours de son mandat – qui s’est terminé par sa mort peu de temps avant la fin officielle de son mandat en 2020 – son gouvernement s’est lancé dans une répression systématique des médias, des journalistes, des organisations de la société civile et des défenseurs des droits humains. Les journalistes ont été victimes de harcèlement judiciaire, tandis que les médias doivent faire face à des réglementations étouffantes et à des fermetures.

Sous le régime du successeur de Nkurunziza, le président Évariste Ndayishimiye, les journalistes et les défenseurs des droits continuent de faire face à des défis. L’arrestation de militants politiques et la récente annonce publique de la condamnation de 34 personnes exilées – dont des journalistes et des défenseurs des droits humains – à la réclusion à perpétuité pour tentative de coup d’État contre l’ancien président, illustrent les obstacles à la liberté d’expression dans le pays. Des militants tels que Germain Rukuki restent en prison pour leur travail en faveur des droits humains, tandis que de nombreux autres sont en exil ou toujours portés disparus.

À la lumière de ces violations, en 2017, le rapport de la Commission d’enquête des Nations Unies sur le Burundi a demandé à la Cour pénale internationale d’ouvrir une enquête. Cependant, le gouvernement burundais a rejeté le rapport, affirmant qu’il n’avait «aucune crédibilité».

Chantal Mutamuriza est une féministe, défenseuse des droits humains et fondatrice de l’ONG Light For All, une organisation qui s’attaque au problème de la résilience économique et des moyens de subsistance des femmes et des enfants réfugiés burundais en Ouganda. Elle avait auparavant travaillé pour des organisations de haut niveau des droits de l’homme au Burundi, en Gambie, à Genève et au Mali. Elle a été prise pour cible dans le cadre d’une campagne de dénigrement sexiste dénigrant les conclusions de la commission des Nations Unies.

c’est l’histoire de Chantal Mutamuriza:

Un jour, j’ai réveillé jusqu’à 2000 tweets
C’est le stress mental.

Vous vous réveillez, vous utilisez votre téléphone, vous voyez des tweets qui tentent de délégitimer votre travail:

«Scandale de l’ONU #ChantalMutamuriza maneater petite amie.»

Le harcèlement a commencé en septembre 2017. Le premier rapport de la Commission d’enquête des Nations Unies sur les violations des droits de l’homme au Burundi a été publié, et il était extrêmement accablant. À l’improviste, j’étais quelqu’un qui a été distingué comme étant impliqué.

Le gouvernement burundais a déclaré que le rapport était partial parce que le chef de la commission était impliqué dans une relation avec une jeune femme burundaise – moi. Je peux imaginer les ragots: «Elle a une liaison avec le président de la commission d’enquête!»

Ils ont même dit que j’avais rédigé le rapport:

🔴Scandal Onusien # ChantalMutamuriza femme fatale petite copine #Ouguergouz ancien employée #Ngasou est élément moteur d rapports🇧🇮 @unhrcpr pic.twitter.com/0TyLZ6PDSj

Renegade Giana (@GianaRenegade) 24 septembre 2017

Chantal Mutamuriza femme fatale petite amie #Ouguergouz ancien employé #Ngasou est le moteur des reportages 🇧🇮 @ unhrcpr

Pour tenter de discréditer les conclusions de la commission, ils ont construit une histoire. Compte tenu de mes antécédents professionnels et de mon militantisme pour les droits humains au Burundi, j’ai été une bonne prise.

Ils ont créé des photographies, me mettant avec le président de la Commission. Ils ont recherché mon CV et mon profil LinkedIn. Ils ont même découvert que j’avais travaillé pour la Commission africaine, en tant qu’assistant juridique d’un membre de la Commission d’enquête, et pour l’Union africaine en tant qu’observateur des droits de l’homme. Mon patron à l’époque était Pierre Buyoya, un ancien président du Burundi. Le parti au pouvoir ne l’aimait pas parce qu’il pensait qu’il était impliqué dans la tentative de coup d’État en 2015 et l’a accusé d’avoir tenté de s’emparer du pouvoir:

«Elle travaille avec un ancien président qui a fermenté le coup d’État!»

Ils ont dit que j’étais la «groupie» de Buyoya, un «commando de charme» qu’il a mis dans les bras du président de la commission, pour que l’ONU puisse criminaliser le Burundi.

J’étais totalement sous le choc et incapable de penser: je n’ai même pas rencontré les commissaires; Je n’ai même pas rencontré les enquêteurs; Je n’ai rien fait du tout.

Les accusations ont débuté lors d’une conversation sur une radio basée à Bruxelles, considérée à l’époque comme une caisse de résonance du parti au pouvoir. Mais dès que l’enregistrement radio a été diffusé, les tweets ont commencé à couler: un jour, j’ai eu 2000 tweets sur moi.

J’étais effrayé. Des mesures seraient-elles prises contre moi?

Le régime burundais harcèle les défenseurs des droits humains, certaines femmes ont même disparu. Quelqu’un me suivait-il? Ces gens sont impitoyables, ils peuvent tout faire. J’avais peur de sortir, j’ai perdu le sommeil. Cela a duré plus de trois semaines.

Je me sentais impuissant. Les organisations de défense des droits de l’homme que j’ai contactées ne savaient pas quoi faire – elles ont dit que ce n’était pas physique, c’était une menace mentale. Ils ont dit que si nous agissions à ce sujet, nous amplifierons le problème; ils ont dit que tant que votre sécurité physique est assurée, gardons-la telle quelle. Alors, comment abordez-vous cela? À l’époque, avec l’aide d’amis, nous avons écrit au bureau du président de la Commission d’enquête et affiché la lettre sur les médias sociaux; c’était une tentative de me couvrir contre les accusations infondées, car on ne sait jamais ce qui peut arriver à l’avenir.

Mais je sais que si vous ripostez ou répondez, vous leur donnez simplement la parole pour en dire plus, alors je suis resté silencieux.

C’était dur, vraiment dur. Parce qu’il est en ligne, vous ne savez pas quoi faire et vous ne connaissez pas exactement la personne qui fait cela. Certains défenseurs des droits du Burundi ont vérifié et les mandataires propriétaires du compte Twitter semblaient être affiliés au parti au pouvoir et même au bureau du président. Mais comment abordez-vous cela? Quelle base juridique avez-vous pour cela? Et comment pouvez-vous faire le suivi si vous êtes harcelé par le gouvernement qui fait des choses plus sérieuses, comme tuer des gens? C’est difficile à savoir.

Certaines personnes m’ont dit: «Pourquoi ne pas éteindre le téléphone?» J’ai dit: « Non, j’ai besoin de rassembler des preuves. » Au moins dans 10, 20 ou 30 ans, si quelqu’un vient me voir et me dit: «Vous étiez impliqué dans une liaison», je peux dire: «Non, j’ai des preuves.» En Afrique, très peu de pays ont adopté des lois pour protéger les défenseurs des droits humains, alors peut-être que c’est quelque chose qu’ils peuvent inclure, une clause sur la sécurité en ligne.

À ce jour, quand j’ose tweeter quelque chose sur le Burundi, j’obtiens immédiatement une réponse. Parfois, je pense qu’ils m’ont oublié mais chaque fois que je poste quelque chose, ils ripostent immédiatement.

Les femmes sont attaquées à un niveau différent de celui des hommes en raison de leur sexe et la meilleure façon d’attaquer une femme est à travers sa sexualité. Depuis 2015 au Burundi, certaines femmes défenseures des droits humains ont disparu, tandis que d’autres ont été tuées. La plupart d’entre nous sont maintenant en exil.

La société civile burundaise était autrefois l’une des plus dynamiques d’Afrique, et les femmes étaient incluses. Mais maintenant, je sens qu’ils ont été réduits au silence. Vous ajoutez cela au harcèlement du gouvernement, et c’est très difficile.

J’ai quitté le Burundi il y a longtemps et j’hésite à y retourner. En tant que défenseure des droits humains, je ne serais peut-être pas en sécurité.

Maintenant, j’ai peur de rentrer à la maison. Je ne peux; Je ne sais pas ce qui va m’arriver. Cela a eu le plus grand impact sur moi – je ne sais pas si je serai en sécurité ou non.

Covid-19 : la perturbation de l’accès à la planification familiale a provoqué 1,4 million de grossesses non désirées

Selon l’UNFPA, ces perturbations ont provoqué environ 1,4 million de grossesses non désirées et ces chiffres révèlent à quel point la santé reproductive et les choix des femmes ont été affectés par la pandémie.

Les données de l’UNFPA et de ses partenaires font état de perturbations des services de contraception dans 115 pays à faible et moyen revenu sur l’année précédente.

Selon elles, l’accès à la planification familiale a été très perturbé par des facteurs tels que les restrictions de déplacement, les problèmes dans les chaînes d’approvisionnement, les ruptures de stock et la surcharge des structures de santé. 

Pour de très nombreuses femmes, les conséquences ont constitué un bouleversement.

Lire la suite

Une femme sur trois est victime de violence physique ou sexuelle

Une femme sur trois continue d’être victime de violence physique ou sexuelle de la part d’un partenaire intime ou de violence sexuelle de la part de quelqu’un d’autre que son partenaire au cours de sa vie et cette violence débute très tôt, a déploré mardi l’Organisation mondiale de la santé (OMS) citant les données alarmantes publiées dans un nouveau rapport conjoint.

« La violence à l’égard des femmes est endémique dans tous les pays et toutes les cultures, causant des dommages à des millions de femmes et à leurs familles, et elle a été exacerbée par la pandémie de Covid-19 », a regretté le Directeur général de l’OMS, Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus. 

« Mais contrairement à la Covid-19, la violence à l’égard des femmes ne peut être stoppée par un vaccin », a ajouté le Dr Tedros, appelant les gouvernements, les communautés et les individus, à la combattre par des efforts « profonds et soutenus » les « comportements néfastes », à améliorer l’accès aux opportunités et aux services pour les femmes et les filles et à favoriser des relations saines et mutuellement respectueuses ». 

Les jeunes femmes sont parmi les plus à risque 

Selon l’OMS et ses partenaires, cette violence commence tôt : une jeune femme sur quatre, âgée de 15 à 24 ans, ayant eu une relation de couple aura déjà été victime de violence de la part d’un partenaire intime lorsqu’elle atteint l’âge de 25 ans.

La violence exercée par un partenaire intime est de loin la forme la plus répandue de violence à l’égard des femmes dans le monde (touchant environ 641 millions de personnes). 

Toutefois, 6% des femmes dans le monde déclarent avoir été agressées sexuellement par quelqu’un d’autre que leur mari ou leur partenaire. Compte tenu des niveaux élevés de stigmatisation et de sous-déclaration des abus sexuels, le chiffre réel est sans doute beaucoup plus élevé.

Les situations d’urgence exacerbent la violence

Le rapport présente les données de la plus grande étude jamais réalisée sur la prévalence de la violence à l’égard des femmes, une étude conduite par l’OMS pour un groupe de travail spécial des Nations Unies, qui s’appuie sur les données de 2000 à 2018 et met à jour les estimations précédentes publiées en 2013.

Bien que les chiffres révèlent des taux déjà alarmants de violence à l’égard des femmes et des filles, ils ne reflètent pas l’impact toujours actuel de la pandémie de Covid-19.

L’OMS et ses partenaires alertent sur l’exposition accrue des femmes à la violence du fait de la pandémie de Covid-19, en raison de mesures telles que les confinements et des perturbations des services de soutien essentiels.

« Il est profondément inquiétant que cette violence généralisée des hommes contre les femmes non seulement persiste sans changement, mais qu’elle atteigne son pire niveau pour les jeunes femmes âgées de 15 à 24 ans qui peuvent aussi être de jeunes mères », a déclaré la Directrice exécutive d’ONU-Femmes, Phumzile Mlambo-Ngcuka, précisant qu’il s’agissait des données d’avant la pandémie.

« Nous savons que les multiples conséquences de la Covid-19 ont déclenché une « pandémie occultée » de violence accrue contre les femmes et les filles », a ajoute Mme Mlambo-Ngcuka. 

« Chaque gouvernement devrait prendre des mesures fortes et énergiques pour y remédier et impliquer les femmes dans ce processus », a-t-elle exhorté.

Bien que de nombreux pays aient constaté une augmentation des signalements de violence exercée par le partenaire intime aux lignes d’assistance téléphonique, à la police, aux agents de santé, aux enseignants et aux autres prestataires de services pendant les confinements, le plein impact de la pandémie sur la prévalence ne sera établi qu’au fur et à mesure de la reprise des enquêtes, note le rapport.

Lire la suite

8 Mars : Lidhers’s Book, Leçons de vie des Femmes Africaines

Facebook publie LeadHERs: Leçons de vie par des femmes africaines, un livre qui met en lumière des femmes leaders de toute l’Afrique

Disponible gratuitement en format numérique et physique, l’ouvrage propose des leçons de vie pour les générations présentes et futures

JOHANNESBURG, Afrique du Sud, 5 mars 2021/ — Dans le cadre de la commémoration internationale du mois de la femme, Facebook (www.Facebook.com) a publie LeadHERs : Leçons de vie des femmes africaines, un recueil d’histoires réelles et inspirantes partagées par 19 femmes d’horizons divers qui repoussent les limites dans des domaines tels que les médias, le divertissement, la politique, l’éducation ou les affaires.

Disponible gratuitement en format numérique et physique, l’ouvrage propose des leçons de vie pour les générations présentes et futures. Chaque chapitre se penche sur une expérience personnelle et délivre un enseignement sur comment ces femmes ont su surmonter les défis et les obstacles. Le livre vise à encourager, inspirer et guider les lecteurs, quels que soient leur âge, origines ou ambitions.

LeadHERs : Leçons de vie des femmes africaines fait suite au lancement réussi en Afrique du Sud l’année dernière de Inspiring Changemakers : Lessons from Life and Business. Cette édition 2021 prend vie grâce à une série de magnifiques illustrations spécialement réalisées par quatre femmes artistes du continent: Massira Keita de Côte d’Ivoire, Lulu Kitololo du Kenya, Karabo Poppy d’Afrique du Sud et Awele Emili du Nigéria.

Le livre est téléchargeable gratuitement en ligne et sera également imprimé à plus de 5 000 exemplaires fournis à plusieurs organisations partenaires de Facebook, notamment She Leads Africa, Fate Foundation, DigifyAfrica, Siyafunda, Smart Ecosystems for Women et cCHub. Il sera distribué dans 15 pays, dont le Sénégal, la Côte d’Ivoire, l’Afrique du Sud ou le Nigéria, dans les écoles et aux bénéficiaires des formations proposées par les partenaires de Facebook.

Nunu Ntshingila, Directrice régionale Afrique chez Facebook, a déclaré : « Chez Facebook, nous savons que les femmes africaines sont à la tête de la construction de l’avenir de notre continent. Mères, activistes, entrepreneures ou PDG, elles sont les artisans du changement. Ce livre célèbre quelques-unes des femmes africaines exceptionnelles qui sont des pionnières, motivent, inspirent et plaident pour un monde meilleur. Nous sommes enthousiasmés par leurs histoires individuelles, inspirés par les défis qu’elles ont relevés et reconnaissants pour les enseignements qu’elles partagent.« 


LeadHERs : Leçons de vie par des femmes africaines, comprend les témoignages de :

  • Elizabeth Akua Ohene – Journaliste et politicienne [Ghana]
  • Alice Nkom – Avocate et militante des droits de l’homme [Cameroun]
  • Tecla Chemabwai  – Athlète et éducatrice [Kenya]
  • Baratang Miya – Entrepreneure et PDG [Afrique du Sud]
  • Hindou Oumarou Ibrahim – Activiste environnmentale [Tchad]
  • Dr Judy Dlamini – Entrepreneure, autrice et philanthrope [Afrique du Sud]
  • Hawa Sally Samai – Fondatrice, directrice générale  [Sierra Leone].
  • Bethléem Tilahun Alemu – Fondatrice et PDG [Ethiopie]
  • Lelemba Phiri – Entrepreneure, investisseuse, éducatrice [Zambie]
  • Temi Giwa-Tubosun – Fondatrice et PDG [Nigeria]
  • Vanessa Hau Mdee – Personnalité des médias, musicienne et podcasteuse [Tanzanie]
  • Monica Musonda – Avocate, entrepreneure et PDG [Zambie]
  • Saran Kaba Jones – Fondatrice et PDG [Liberia]
  • Kalista Sy – Showrunner et scénariste [Sénégal]
  • Yvonne Okwara – Journaliste et présentatrice de télévision [Kenya]
  • Tara Fela-Durotoye – Entrepreneure et PDG [Nigéria]
  • Noella Coursaris Musunka – Mannequin et philanthrope [République Démocratique du Congo]
  • Samantha « MisRed » Musa – Personnalité des médias, influenceuse sociale et philanthrope [Zimbabwe]
  • Djamila Ferdjani – Médécin et entrepreneure [Niger]

Ce mois de mars marque le troisième anniversaire du programme #SheMeansBusiness de Facebook en Afrique subsaharienne, une initiative conçue pour former les femmes entrepreneurs du continent à créer, développer et démarrer leur propre entreprise. Facebook lance un nouveau volet de formation sur la résilience des entreprises par l’éducation financière au Nigéria, en Afrique du Sud et au Sénégal, avec des modules supplémentaires visant à améliorer les compétences des femmes chefs d’entreprise en matière de gestion financière, tout en abordant les défis auxquels les femmes entrepreneures sont confrontées, comme l’accès au capital.


Téléchargez le livre ici (https://bit.ly/3sWRRyl)

Dix millions de filles supplémentaires risquent d’être mariées durant leur enfance à cause du Covid-19

Dix millions de mariages d’enfants supplémentaires risquent d’être conclus d’ici à la fin de la décennie, menaçant d’anéantir des années de progrès pour réduire cette pratique, selon une nouvelle analyse publiée lundi par l’UNICEF.

Un rapport, intitulé Covid-19 : une menace pour les progrès enregistrés contre le mariage des enfants, publié à l’occasion de la Journée internationale des femmes, prévient que les fermetures d’écoles, les contraintes économiques, la perturbation des services, les décès durant la grossesse et les décès parentaux imputables à la pandémie augmentent les risques de mariage pour les filles les plus vulnérables.

Même avant l’épidémie de Covid-19, 100 millions de filles étaient déjà exposées au risque d’être mariées pendant leur enfance durant la prochaine décennie, et ce, malgré un recul considérable de cette pratique dans plusieurs pays au cours des dernières années. Ces 10 dernières années, la proportion de jeunes femmes dans le monde mariées durant leur enfance a baissé de 15%, passant de près d’une femme sur quatre à une femme sur cinq. Quelque 25 millions de mariages ont ainsi été évités, mais ces progrès sont aujourd’hui compromis.

Lire la suite

8 Mars : l’Unesco s’Engage

Le 8 Mars 2021 de 19H à 21H

Sous le haut patronage de l’UNESCO

En partenariat avec l’AUF

Inscription ici

 Organisé par Dr Guila Clara Kessous, enseignante-chercheure à l’Université d’Harvard, artiste pour la paix de l’UNESCO, Ambassadrice pour la Paix du Cercle Universel des Ambassadeurs de la Paix (Genève), cette conférence en ligne reflètera sur l’engagement pour les droits des femmes aujourd’hui. 

« Ce moment d’échange est une réflexion actuelle sur l’engagement pris pour les droits des femmes, que ce soit à titre individuel ou collectif. Ce rendez-vous se veut expression de solidarité et créateur de liens et d’idées, afin de porter toujours plus haut ces droits et de réaffirmer les actions nécessaires à leur reconnaissance pleine et entière. Loin d’une guerre des genres, cette rencontre se veut paroles et écoutes d’initiatives  toutes porteuses d’espoir pour les femmes mais aussi pour la société toute entière.« 

Programme (Programme provisoire et susceptible de modification)

19h00 –  Séance plénière 

  • Introduction par Dr. Guila Clara Kessous, UNESCO Artist for Peace – Ambassadrice de la Paix – Harvard University
  • Damiano GIAMPAOLI, Spécialiste de programme dans la Division pour l’égalité des genres de l’UNESCO
  • Ouverture Pr Slim Khalbous, Recteur de l’Agence universitaire de la Francophonie

19h15 –  Vers une nouvelle Eve

  • Dr. Denis Mukwege, prix Nobel de la paix
  • Dr. Boris Cyrulnik, neuropsychiatre, écrivain

19h30 –  Un engagement préventif

Table Ronde – Rien n’est jamais acquis

  • Elisabeth Nicoli, avocate, co-directrice des éditions des femmes-Antoinette Fouque
  • Liliane Daligand, psychiatre, présidente de l’association VIFFIL à Lyon
  • Christine Jama, directrice de Voix de femmes (contre le mariages forcés)
  • Céline Poulet, déléguée interministérielle au handicap
  • Marie Rabatel, Présidente de l’Association Francophone de Femmes Autistes (l’AFFA).
  • Véronique Sousset, directrice du centre pénitentiaire

20h30 –  Un engagement dans l’accompagnement

Table Ronde – Soutien et solidarité

  • Céline Mas, Présidente ONU Femmes
  • François Molins, procureur général près la cour de cassation
  • Christiane Féral-Schuhl, avocate, ancienne présidente du Conseil national des barreaux
  • Ghada Hatem, gynécologue, présidente fondatrice de la Maison des femmes en Seine Saint Denis
  • Isabelle Rome, magistrate, autrice, haute-fonctionnaire à l’égalité femmes/hommes du ministère de la justice

21h30 –  Clôture

  • Laure Adler, journaliste, écrivaine.
  • Eve Ensler, auteur dramatique

Inscription ici

8 Mars : le PNUD Préconise un Revenu Minimum Provisoire pour les Femmes

Un revenu minimum provisoire spécifiquement attribué à des centaines de millions de femmes des pays en développement pourrait endiguer la montée de la pauvreté affirme un nouveau rapport du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) publié jeudi à l’approche de la Journée internationale de la femme.

Selon le rapport du PNUD, un tel revenu peut éviter que les inégalités entre hommes et femmes ne se creusent davantage pendant la pandémie de Covid-19.

« Les gouvernements peuvent agir dès maintenant, en redirigeant chaque mois seulement 0,07% de leur PIB directement vers les femmes en grande détresse socio-économique, car un revenu minimum mensuel pourrait être un gage de survie en ces temps sans précédent », a déclaré l’Administrateur du PNUD, Achim Steiner.

L’investissement aurait « non seulement l’avantage d’aider les femmes et leur famille à surmonter l’épreuve de la pandémie mais aussi d’autonomiser les femmes afin qu’elles puissent prendre des décisions indépendantes concernant l’argent, les moyens de subsistance et les choix de vie », souligne le chef du PNUD.

L’agence onusienne explique que les femmes sont plus durement frappées par la pandémie et qu’elles perdent leurs sources de revenus et quittent le marché du travail à un rythme accéléré. Elles assument également une plus grande part du travail consistant à prendre soin d’autrui. 

Le PNUD estime qu’un revenu minimum provisoire apporterait une sécurité financière à court terme, qui ouvrirait la voie à des investissements futurs pour réduire les inégalités systématiques entre les hommes et les femmes.

Aider 613 millions de femmes 

Selon le PNUD, un investissement de 0,07% du PIB des pays en développement, soit 51 milliards de dollars mesurés en parité de pouvoir d’achat (PPA), pourrait garantir la sécurité financière de 613 millions de femmes en âge de travailler qui vivent dans la pauvreté, tout en leur fournissant un revenu dont elles ont grand besoin et en relâchant la pression économique qui pèse sur elles au quotidien.

Allouer une telle allocation budgétaire nominale pendant les six prochains mois, permettrait également aux femmes en situation désespérée de maîtriser davantage leur existence du point de vue financier.

Aussi, en relevant le seuil de façon à inclure les femmes en situation de vulnérabilité, ce programme toucherait 1,32 milliard de femmes, pour un coût de 134 milliards de dollars (PPA), soit 0,1 % du PIB. En relevant encore davantage ce seuil pour couvrir l’ensemble des 2 milliards de femmes du monde en développement, il en coûterait 231 milliards de dollars (PPA), soit 0,3 % du PIB.

Pourquoi les femmes sont particulièrement vulnérables

« L’inégalité hommes-femmes persiste dans les disparités de revenus et la répartition inéquitable du travail », a expliqué la directrice de l’équipe chargée de la problématique hommes-femmes du PNUD, Raquel Lagunas, signalant que même si le revenu minimum provisoire n’est pas une « solution miracle » il contribue vraiment à donner aux femmes davantage de possibilités en ces temps de crise. 

Selon les auteurs du rapport, il y a urgence à agir immédiatement pour que les femmes puissent bénéficier de régimes de protection sociale.

Des millions de femmes exercent un emploi dans le secteur informel, ou non rémunéré.  Elles sont souvent les principales personnes s’occupant des enfants et des personnes âgées. Même lorsque leur pays dispose de mesures de sécurité sociale, les femmes peuvent passer entre les mailles du filet parce qu’elles n’y ont pas droit.

Les emplois occupés par les femmes dans le monde ont tendance à être moins bien rémunérés, voire pas du tout, et sont souvent dépourvus de protection sociale. De plus, ils se trouvent en grande partie dans des secteurs paralysés par les confinements mondiaux, comme les activités de soins à autrui et l’hôtellerie.

Les femmes se retrouvent également à assumer une plus grande part de travail non rémunéré. Elles ont été de plus en plus souvent exclues de la population active et ont subi une recrudescence de la violence domestique, le confinement les obligeant à rester dans des foyers peu sûrs.

Selon les auteurs du rapport, en plus d’aider les femmes à répondre à leurs besoins quotidiens, un revenu minimum provisoire spécifiquement destiné aux femmes pourrait réduire l’écart entre les hommes et les femmes qui vivent dans la pauvreté, en renforçant l’indépendance économique des femmes et en équilibrant la gestion des ressources économiques au sein des ménages.

lire la suite

8 Mars : Paulette Narda, Résurrection d’une Architecte de la Négritude

Paulette Narda

En ce mois de mars, nous rendons hommage aux Femmes qui ont contribué de près ou de loin aux différents combats pour la dignité de l’homme noir. Parmi elles, figure celle présentée comme l’architecte de la Négritude, qui avec ses sœurs, ont amorcé cette bataille pacifique pour combattre les préjugés en défaveur des êtres humains à la peau noire.

PAULETTE NARDAL: LA MARRAINE DE LA NÉGRITUDE.

De la négritude, on connaît les pères, figures tutélaires : Léopold Sédar Senghor, le Sénégalais, Aimé Césaire, le Martiniquais, Léon-Gontran Damas, le Guyanais. Des femmes qui ont initié le concept, l’historiographie française a oublié le nom.
La biographie de l’une d’entre elles, Paulette Nardal, est récemment parue aux éditions de l’Harmattan.
Dans les années 70, l’auteur, Philippe Grollemund, choriste, s’entretient à de nombreuses reprises avec cette vieille dame qui mène la chorale depuis son fauteuil. La vieille dame, c’est Paulette Nardal, la «Marraine de la négritude». Elle est très affaiblie, pas sa mémoire. Elle correspondra avec Grollemund jusqu’à sa mort, en 1985.

Paulette Nardal, théoricienne oubliée de la négritude

« Première étudiante noire de la SORBONNE »

Née en 1896 en Martinique, Paulette Nardal était l’aînée d’une famille de sept sœurs qui ont ouvert la voie à ce courant littéraire et politique, principal mouvement d’émancipation des Noirs francophones au XXe siècle. Etudiantes à Paris dans les années 20, les sœurs Nardal tiennent salon dans leur maison de Clamart. S’y croisent des artistes qui portèrent la Harlem Renaissance, comme le célèbre militant panafricaniste Marcus Garvey, le romancier jamaïcain Claude McKay, mais aussi Aimé et Suzanne Césaire, le politicien Félix Eboué, le jeune Senghor que Paulette Nardal fait inscrire à l’université, et de nombreux autres étudiants, militants des droits civiques balbutiants.

source

8 Mars : Les Femmes Africaines et le Problème des Foyers Polluants

Des femmes enveloppées dans un épais nuage de fumée

La pollution atmosphérique est un problème mondial croissant, surtout dans les pays en développement. L’exposition à la fumée des polluants, des feux à ciel ouvert ou des combustibles inefficaces – les principaux moyens de cuisson pour près de trois milliards de personnes dans les pays en développement – provoque près de 4 millions de décès prématurés chaque année

L’exposition à la fumée de la cuisine contribue à une gamme de maladies chroniques et d’impacts aigus sur la santé tels que la pneumonie de la petite enfance, l’emphysème, la cataracte, le cancer du poumon, la bronchite, les maladies cardiovasculaires et l’insuffisance pondérale à la naissance. Les femmes et les jeunes enfants sont les plus touchés, avec plus de 2 200 enfants au Ghana qui meurent chaque année des suites d’infections aiguës des voies respiratoires inférieures causées par l’utilisation de combustibles solides.

Le cas du Ghana

Au Ghana, en Afrique de l’ouest, plus de 80 pour cent de la population dépend des combustibles solides pour ses besoins en cuisine. Et l’exposition à la fumée des feux de bois cause en moyenne 18000 décès chaque année. La dépendance à la biomasse augmente la pression sur les ressources naturelles locales, entraînant une dégradation de l’environnement, et oblige les femmes et les enfants à passer de nombreuses heures chaque semaine à ramasser du bois. Une cuisson inefficace contribue également au changement climatique à travers les émissions de gaz à effet de serre comme le dioxyde de carbone, le méthane, et les aérosols comme le noir de carbone.

Heureusement des initiatives locales essaient de changer les choses. C’est le cas des « Ghana Girl Guides » qui ont commencé à enregistrer des résultats impressionnants. L’ ONG s’appuie sur l’introduction de cuisinières améliorées qui consomment une petite quantité de charbon de bois.
L’Organisation mondiale de la santé estime qu’environ 3 milliards de personnes font cuire leurs aliments et chauffer leurs maisons en utilisant du bois ou du charbon de bois.
Ce qui produit des niveaux élevés de pollution atmosphérique des ménages exposant les femmes et les enfants qui les utilisent à de graves risques pour la santé.
Irene Ashangmor, 15 ans, a présenté à sa famille la cuisinière efficace. Elle dit que cela a fait une grande différence.

L’ancienne méthode de cuisson qui pollue beaucoup les ménages

La résistance des conservateurs

Mais tout le monde n’est pas convaincu de cette nouvelle expérience dans cette communauté. Martha Abayatey, enveloppée dans un épais nuage de fumée, prépare un repas à l’aide d’un feu de bois.
Elle pense que la méthode traditionnelle de cuisson reste la meilleure option.
Zakia Abdul-Wahab de l’Association des Guides du Ghana dit qu’elles espèrent étendre la campagne de cuisine propre à tout le pays.

Les nouvelles cuisinières améliorées conçues pour diminuer la pollution atmosphérique au Ghana
Les nouvelles cuisinières améliorées conçues pour diminuer la pollution atmosphérique au Ghana

Le groupe demande au gouvernement du Ghana de fournir des fonds pour réduire les coûts des poêles.
Avec plusieurs millions de morts chaque année en raison de la pollution par le charbon des feux de cuisson, elles espèrent que le changement va s’opérer un jour.
En attendant, des millions de feux de bois sont allumés à travers le Ghana chaque jour.
Les familles ne savent pas encore qu’il y a un tueur silencieux qui se cache dans leurs maisons.

Nonviva Laurence