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Des experts de l’ONU sur les personnes d’ascendance africaine en visite en France pour évaluer la situation

Le Groupe de travail sur les personnes d’ascendance africaine s’est rendu à Paris, en France, du 13 au 16 décembre pour évaluer et mieux comprendre la situation des personnes d’ascendance africaine dans le pays. 

Cette visite préparatoire va aussi fournir des conseils pour aider les personnes d’ascendance africaine et les parties prenantes concernées, à protéger leurs droits humains et à soutenir leur intégration dans l’effort de développement du pays. 

Au cours de la mission, les experts des droits de l’homme se sont entretenus avec les institutions des droits de l’homme, l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culturel (UNESCO) et un large éventail de représentant de la société civile au fait du contexte de développement économique et social.

Contrairement aux visites de pays par les procédures spéciales des Nations Unies, qui ont lieu à l’invitation du gouvernement hôte et se concentrent sur l’établissement des faits, le diagnostic et les recommandations, cette visite de travail visait à examiner et à comprendre les potentialités et obstacles existants à la réalisation des objectifs de développement durable des Nations Unies spécifiques aux personnes d’ascendance africaine, y compris l’invisibilité ou le mépris des expériences actuelles qui peuvent découler de l’héritage du colonialisme et de la traite des Africains réduits en esclavage. 

Cette visite a également été l’occasion de proposer des leviers de développement spécifiques que l’Etat pourrait utiliser pour promouvoir des améliorations. À cette fin, l’exercice a été guidé par les Directives opérationnelles du groupe de travail sur l’inclusion des personnes d’ascendance africaine dans le Programme 2030.

« L’UNESCO à travers son leadership réfléchi dans le cadre du projet ‘La route de l’esclave’, a été un facilitateur essentiel et une source d’apprentissage et de connaissances au cours de cette visite, et a permis de faire la lumière sur les questions héritées du passé qui sont à l’origine des expériences actuelles rapportées par les personnes d’ascendance africaine », a déclaré Dominique Day, présidente du Groupe de travail d’experts des Nations Unies sur les personnes d’ascendance africaine.

Partager les observations recueillies

Bien que le Groupe de travail n’ait pas rencontré à ce stade de représentants du gouvernement français, il partagera avec lui les observations recueillies lors de cette visite en vue d’initier un dialogue fondé sur les engagements du pays en matière de droits humains. « La France ne doit pas perdre une opportunité économique de bénéficier du potentiel démontré des personnes d’ascendance africaine », a-t-elle indiqué.

« En dépit d’un récit de méritocratie, des individus à différents stades de leur développement éducatif ont déclaré que la bénédiction des gardiens institutionnels était indispensable à l’accès et à la reconnaissance, même en présence de compétences et de talents significatifs », a déclaré Mme Day.  

« Ce contrôle racialisé de l’accès aux opportunités est contraire aux droits humains, impose des coûts de développement élevés aux personnes d’ascendance africaine individuellement et dans leur ensemble, et prive la France d’un moteur économique éprouvé dans de multiples domaines », a-t-elle ajouté.

La délégation a salué les efforts en cours dans certains domaines visant à faire la lumière sur les principaux obstacles rencontrés et à créer des réseaux pour garantir l’accès des personnes d’ascendance africaine aux mécanismes formels et informels nécessaires à leur embauche et à leur développement professionnel. 

Le Groupe de travail partagera ses observations préliminaires avec le gouvernement français et proposera d’engager un dialogue dans le cadre d’une visite officielle dans le pays.

Le Groupe de travail sur les personnes d’ascendance africaine est composé de : Mme Dominique Day (Etats-Unis) présidente-rapporteure en exercice, Mme Catherine Namakula (Ouganda), Mme Miriam Ekiudoko (Hongrie), Mme Barbara Reynolds (Guyana) et M. Sushil Raj (Inde).

NOTE :

Les Experts indépendants font partie de ce qui est désigné sous le nom des ‘procédures spéciales’ du Conseil des droits de l’homme. Les procédures spéciales, l’organe le plus important d’experts indépendants du Système des droits de l’homme de l’ONU, est le terme général appliqué aux mécanismes d’enquête et de suivi indépendants du Conseil qui s’adressent aux situations spécifiques des pays ou aux questions thématiques partout dans le monde. Les experts des procédures spéciales travaillent à titre bénévole ; ils ne font pas partie du personnel de l’ONU et ils ne reçoivent pas de salaire pour leur travail. Ils sont indépendants des gouvernements et des organisations et ils exercent leurs fonctions à titre indépendant. 

Les plastiques dans les sols menacent la sécurité alimentaire, la santé et l’environnement (FAO)

La pollution plastique est devenue omniprésente dans les sols agricoles, menaçant la sécurité alimentaire, la santé des populations et l’environnement, selon un nouveau rapport publié par la FAO, l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture.

Alors que les déchets plastiques qui jonchent les plages et les océans attirent l’attention, le rapport de la FAO intitulé Évaluation des plastiques agricoles et de leur durabilité : un appel à l’action suggère que les terres que nous utilisons pour cultiver nos aliments sont contaminées par des quantités encore plus importantes de polluants plastiques.

« Les sols sont l’un des principaux récepteurs des plastiques agricoles et on sait qu’ils contiennent des quantités de microplastiques plus importantes que les océans », a déclaré Maria Helena Semedo, Directrice générale adjointe de la FAO.

Des chiffres surprenants

« Chaque année nous avons 12,5 millions de tonnes de produits plastiques qui sont utilisés dans la production végétale et animale », a expliqué le Directeur adjoint du Bureau du changement climatique, de la biodiversité et de l’environnement à la FAO, Zitouni Ould-Dada, au micro d’ONU Info.

« Et c’est une quantité presque équivalente aux 11 millions de tonnes qui sont rejetés sous forme de déchets marins. Et à cela s’ajoute aussi à près de 37 millions de tonnes utilisés dans les emballages alimentaires », a-t-il ajouté. « Les plus grands utilisateurs de produits plastiques sont les secteurs de l’agriculture et de l’élevage qui consomment environ 10 millions de tonnes par an et c’est un chiffre important parce que c’est à peu près 3% de la production mondiale de plastique ».

La pêche et l’aquaculture sont aussi responsables pour 2 millions de tonnes et la sylviculture est responsable pour 0,2 million de tonnes de produits plastiques.

Le rapport indique que l’Asie est le plus grand utilisateur de plastiques dans la production agricole, représentant près de la moitié de l’utilisation mondiale. En outre, en l’absence d’alternatives viables, la demande de plastique dans l’agriculture ne peut qu’augmenter.

Alors que la demande de plastique agricole continue d’augmenter, Mme Semedo a souligné la nécessité de mieux surveiller les quantités qui « fuient dans l’environnement à partir de l’agriculture ».Une femme arrose le sol qu'elle cultive à Amudat, en Ouganda. © FAO/Luis TatoUne femme arrose le sol qu’elle cultive à Amudat, en Ouganda.

Peser les risques

Depuis leur apparition dans les années 1950, les plastiques sont devenus omniprésents. Dans l’agriculture, les produits en plastique contribuent grandement à la productivité, par exemple en couvrant le sol pour réduire les mauvaises herbes ; les filets qui protègent et stimulent la croissance des plantes, prolongent les saisons de culture et augmentent les rendements ; et les protections d’arbres, qui protègent les semis et les jeunes plants des animaux, contribuent à créer un microclimat propice à la croissance.

« Ce sont des opportunités importantes pour les agriculteurs », indique M. Ould-Dada. «  Il y a aussi le bon facteur de la réduction de la demande en eau. On trouve que l’efficacité moyenne de l’utilisation de l’eau pour les cultures dans plusieurs régions en Chine, par exemple, aurait augmenté de presque 25% par rapport au contrôle qui est effectué sans paillage », explique-t-il.

Cependant, sur les quelque 6,3 milliards de tonnes de plastique produites avant 2015, près de 80% n’ont jamais été éliminées correctement.

Si les effets des grands objets en plastique sur la faune marine ont été bien documentés, les microplastiques libérés lors de leur désintégration affectent potentiellement des écosystèmes entiers.

Mauvaises gestions du plastique en fin de vie 

12,5 millions de tonnes de produits plastiques sont utilisés dans la production végétale et animale Unsplash/Erwan Hesry12,5 millions de tonnes de produits plastiques sont utilisés dans la production végétale et animale

Malheureusement, les propriétés mêmes qui rendent les plastiques si utiles créent des problèmes lorsqu’ils arrivent à la fin de leur vie utile. 

« Une mauvaise conception, une mauvaise sélection, utilisation et gestion de cette fin de vie des produits plastiques a des effets néfastes sur les écosystèmes terrestres et aquatiques », explique M. Ould-Dada.

« Souvent les agriculteurs n’ont pas les moyens suffisants pour sélectionner, utiliser et gérer ou récupérer ces produits afin d’éliminer correctement le plastique des champs », indique-t-il. « Et ils n’ont souvent pas aussi accès aux outils nécessaires pour une bonne gestion de ces produits en fin de leur vie ».

Par conséquent ces plastiques sont souvent abandonnés ou brûlés dans les champs « ce qui entraîne la contamination des sols ».

L’introduction des films plastiques biodégradables est complexe à cause du manque de normalisation de leur efficacité et dégradabilité. « On a des données qui proviennent de la Chine, par exemple, qui ont montré que l’accumulation de plastique dans le sol jusqu’à 240 kg par hectare peut réduire le rendement des cultures de 11 à 25% ».

Un autre facteur important : la production de plastiques contribue aux émissions de gaz à effet de serre et donc au changement climatique.

Des microplastiques – d’une taille inférieure à 5 mm – ont été retrouvés dans les excréments humains et le placenta, et ont été transmis aux fœtus par leur mère enceinte.

Si la plupart des recherches scientifiques sur la pollution par les plastiques ont porté sur les écosystèmes aquatiques, les experts de la FAO estiment que les sols agricoles reçoivent des quantités bien plus importantes de microplastiques.

« Ce rapport est un appel fort à une action coordonnée et décisive pour faciliter les bonnes pratiques de gestion et freiner l’utilisation désastreuse des plastiques dans tous les secteurs agricoles », a déclaré Maria Helena Semedo.

Principales recommandations

La pollution plastique est devenue omniprésente dans les sols agricoles, menaçant la sécurité alimentaire, la santé des populations et l'environnement. Unsplash/Naseem BurasLa pollution plastique est devenue omniprésente dans les sols agricoles, menaçant la sécurité alimentaire, la santé des populations et l’environnement.

En l’absence d’alternatives viables, il est impossible d’interdire les plastiques – et il n’y a pas de solution miracle pour éliminer les dommages qu’ils causent.

Le rapport identifie toutefois plusieurs solutions basées sur le modèle ‘Refuser, redéfinir, réduire, réutiliser, recycler et récupérer’.

M. Ould-Dada suggère des produits et pratiques alternatives qui pemettent d’éviter l’utilisation de plastique. Ainsi, les cultures de couverture et la biomasse peuvent remplacer les films de paillage en plastique. Ou encore, les produits réutilisables et durables, par exemple les couvertures en verre et en plastique durable pour les serres, peuvent permettre de réduire l’utilisation du plastique. 

La FAO continue à élaborer et aussi d’aider les agriculteurs à être au courant de cette pollution dans les champs et ses conséquences et les solutions alternatives à adopter. « C’est très important pour le développement durable d’une manière générale et pour la sécurité alimentaire dans le long terme », a conclu M. Ould-Dada.

 ibinimori

L’ONU désigne quatre Championnes de la Terre pour 2021

Une Premier ministre des Caraïbes, une scientifique, un groupe de femmes autochtones et une entrepreneure ont été déclarées mardi les lauréates de l’édition 2021 du prix des Champions de la Terre des Nations Unies. 

Les championnes ont été choisies pour leur impact et leur leadership dans la promotion d’actions audacieuses en faveur des personnes et de la planète, explique le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) qui décerne le prix chaque année. 

« Ces championnes de la Terre inspirent, défendent, mobilisent et agissent pour relever les plus grands défis environnementaux de notre temps, notamment la protection et la restauration des écosystèmes », a déclaré l’agence onusienne dans un communiqué.  

Elles démontrent que chacun d’entre nous peut contribuer 

Le prix des Champions de la Terre est la plus haute distinction environnementale décernée par les Nations Unies. 

Cette année, le prix récompense les lauréats dans quatre catégories : inspiration et action, leadership politique, vision entrepreneuriale, ainsi que science et innovation.  

Le PNUE a reçu un nombre record de nominations du monde entier pour l’édition 2021. 

Selon la Directrice exécutive de l’agence, Inger Andersen, les profils des lauréates « démontrent que chacun d’entre nous peut contribuer ». 

« Chaque geste pour la nature compte. L’ensemble de l’humanité a à la fois une responsabilité mondiale et une profonde opportunité », a-t-elle déclaré.

« Les championnes de cette année sont des femmes qui non seulement nous inspirent, mais nous rappellent aussi que nous avons entre les mains les solutions, les connaissances et les technologies pour limiter le changement climatique et éviter l’effondrement écologique », a affirmé la cheffe du PNUE.Le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres (à gauche), rencontre Mia Mottley, la Première ministre de la Barbade. ONU Barbade et Caraïbes orientales / BajanproLe Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres (à gauche), rencontre Mia Mottley, la Première ministre de la Barbade.

Quatre forces motrices pour la protection de l’environnement 

La Première ministre de la Barbade, Mia Mottley, a été récompensée dans la catégorie « Leadership politique » pour sa « voix puissante », venant du Sud de la planète en faveur d’un monde durable, qui n’a cessé de tirer la sonnette d’alarme sur la vulnérabilité des petits États insulaires en développement. 

Le PNUE a qualifié la dirigeante de « force motrice » de l’action en faveur du climat dans la région de l’Amérique latine et des Caraïbes, la première région à s’être mise d’accord sur le Plan d’action de la Décennie des Nations Unies pour la restauration des écosystèmes. 

Sous sa direction, la Barbade a adopté des objectifs ambitieux en matière d’énergies renouvelables et s’est engagée à éliminer les combustibles fossiles dans les secteurs de l’électricité et des transports d’ici à 2030. 

Parallèlement, le pays met en œuvre de nombreux projets de conservation et de restauration, des forêts à l’océan en passant par les villes et le littoral. Mme Mottley copréside également le groupe des leaders mondiaux « One Health » sur la résistance aux antimicrobiens. Les Sea Women of Melanesia, originaires de Papouasie-Nouvelle-Guinée et des Îles Salomon, forment les femmes locales à surveiller les effets du blanchiment des coraux, par Aleta Moriarty/Banque mondiale. Banque mondiale/Aleta MoriartyLes Sea Women of Melanesia, originaires de Papouasie-Nouvelle-Guinée et des Îles Salomon, forment les femmes locales à surveiller les effets du blanchiment des coraux, par Aleta Moriarty/Banque mondiale.

Les Sea Women of Melanesia, originaires de Papouasie-Nouvelle-Guinée et des îles Salomon, ont été récompensées dans la catégorie « Inspiration et action ». Le groupe forme des femmes locales à écosystèmes la surveillance et à l’évaluation de l’impact du blanchiment généralisé des coraux sur certains des récifs les plus menacés du monde, en utilisant les sciences et technologies marines. 

L’Ougandaise, Gladys Kalema-Zikusoka, a reçu la plus haute distinction dans la catégorie « Science et innovation ». Autorité mondiale reconnue en matière de primates et de zoonoses, Mme Kalema-Zikusoka a été le tout premier vétérinaire de la faune sauvage de l’Uganda Wildlife Authority. 

En tant que PDG et fondatrice de Conservation Through Public Health (CTPH), elle dirige la mise en œuvre de trois programmes stratégiques intégrés.   Gladys Kalema-Zikusoka est une vétérinaire ougandaise et fondatrice de Conservation Through Public Health, une organisation consacrée à la coexistence des gorilles de montagne menacés, d'autres espèces sauvages, des humains et des animaux d'élevage en Afrique. PNUE/GRID-Arendal/Tim Freccia Gladys Kalema-Zikusoka est une vétérinaire ougandaise et fondatrice de Conservation Through Public Health, une organisation consacrée à la coexistence des gorilles de montagne menacés, d’autres espèces sauvages, des humains et des animaux d’élevage en Afrique.

Enfin, Maria Kolesnikova, de la République kirghize, a été récompensée dans la catégorie « Vision entrepreneuriale ». Militante pour l’environnement, elle défend les intérêts des jeunes et dirige MoveGreen, une organisation qui s’efforce de surveiller et d’améliorer la qualité de l’air en Asie centrale.

Sous la direction de Mme Kolesnikova, l’organisation a mis au point une application appelée AQ.kg, qui recueille toutes les 20 minutes des données sur la concentration de polluants dans l’air, notamment le dioxyde d’azote, les PM 2,5 les PM 10 et le dioxyde d’azote dans les deux plus grandes villes kirghizes, Bichkek et Osh. 

Restaurer les écosystèmes 

Les prix de cette année mettent en lumière la Décennie des Nations Unies pour la restauration des écosystèmes, qui se déroule jusqu’en 2030 et coïncide avec l’échéance fixée pour la réalisation des objectifs de développement durable.  

Selon le PNUE, en stoppant et en inversant la dégradation des écosystèmes terrestres et aquatiques, le monde peut éviter la disparition d’un million d’espèces menacées. 

Les scientifiques affirment que la restauration de seulement 15 % des écosystèmes dans les zones prioritaires et l’amélioration des habitats peuvent réduire les extinctions de 60 %. 

Depuis sa création en 2005, le prix des Champions de la Terre a distingué 101 lauréats, dont 25 dirigeants mondiaux, 62 particuliers et 14 organisations. 

 ibinimori

Afrique de l’Ouest et du Centre : l’UNICEF dresse un bilan effrayant des violations contre les enfants

©UNICEF/UN0533600/Rooftop Productions
Des enfants jouent au football dans un espace ami des enfants soutenu par l’UNICEF au Burkina Faso.

Le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) s’est préoccupé, mardi, du nombre effarant de violations commises à l’encontre des enfants en Afrique de l’Ouest et du Centre, notamment le recrutement, les meurtres et atteintes à l’intégrité physique, les viols ainsi que les enlèvements d’enfants.

Selon l’agence onusienne, cette partie du continent africain a enregistré le plus grand nombre d’enfants recrutés et utilisés par des forces armées et des groupes armés. 

« Cela représente plus de 42.000 violations entre 2005 et 2020 », a affirmé la Cheffe de la protection de l’enfance au Bureau régional de l’UNICEF en Afrique de l’Ouest et du Centre, Karin Heissler, lors d’un point de presse à Genève.

Sur cette même période, la région se classe également au premier rang – et au pire – en ce qui concerne le nombre de viols et d’autres formes de violence sexuelle commis contre des enfants. L’UNICEF décompte plus de 8.000 violations.

Marie, 17 ans, a été enlevée par un groupe armé non étatique, mais elle a réussi à s'échapper. Elle s'est inscrite dans un centre de réinsertion soutenu par l'UNICEF, où elle a reçu un soutien psychosocial et étudié la couture. ©UNICEF/UN0533597/Rooftop ProdMarie, 17 ans, a été enlevée par un groupe armé non étatique, mais elle a réussi à s’échapper. Elle s’est inscrite dans un centre de réinsertion soutenu par l’UNICEF, où elle a reçu un soutien psychosocial et étudié la couture.

4.800 cas d’enlèvements

L’Afrique de l’Ouest et du Centre arrive également en deuxième position en termes d’enlèvements, avec 4.800 cas.  

« Ce sont des classements dont nous préférerions ne pas faire partie », a ajouté Mme Heissler, relevant que tous ces chiffres ne sont que des cas que l’ONU a pu vérifier, soulignant que le nombre réel de violations graves est bien plus élevé, car beaucoup ne sont pas signalées.

Aussi selon l’UNICEF, les tendances sont encore plus inquiétantes. Entre 2016 et 2020, il y a eu une hausse de 50 % du nombre total de violations graves vérifiées. 

« Il y a une accélération tristement exponentielle entre 2019 et 2020, du nombre de violations graves à l’encontre des enfants, avec une augmentation de 35 % en un an », a-t-elle fait valoir.

Cette année, un pourcentage « stupéfiant » de 10 % de ces enfants vivant dans des situations de conflit qui figurent dans le rapport du Secrétaire général des Nations Unies sur les enfants et les conflits armés ont besoin d’une aide humanitaire.

Meurtres, viols et recrutement d’enfants par les groupes armés

La situation au Cameroun, en République centrafricaine et en République démocratique du Congo, ainsi que les urgences multi-pays, notamment les crises dans les régions du Sahel central et du bassin du lac Tchad, ont des conséquences dévastatrices sur les enfants.

Selon l’UNICEF, ces chiffres ahurissants interviennent dans « une région de jeunes » : la moitié de la population de l’Afrique de l’Ouest et du Centre, soit 282 millions de personnes, sont des enfants. 

« Ces filles et ces garçons sont nos prochains dirigeants et artisans du changement », a fait remarquer la responsable de l’UNICEF.

D’une manière générale, outre le recrutement et l’utilisation des enfants par les groupes armés, les autres violations graves portent sur les meurtres et les mutilations, les viols et autres formes de violence sexuelle ou les enlèvements. 

L’UNICEF s’inquiète aussi des attaques contre les écoles et des hôpitaux, ainsi que le refus de l’accès humanitaire.Khady transporte de l'eau dans son village au Nigeria. Après avoir été enlevée et maltraitée par Boko Haram, elle a reçu l'aide de programmes de réintégration soutenus par l'UNICEF et entame le lent parcours qui lui permettra de rejoindre sa communauté. ©UNICEF/UN0533599/Rooftop Prod Khady transporte de l’eau dans son village au Nigeria. Après avoir été enlevée et maltraitée par Boko Haram, elle a reçu l’aide de programmes de réintégration soutenus par l’UNICEF et entame le lent parcours qui lui permettra de rejoindre sa communauté.

Le parcours de Khady, une Nigériane enlevée qui a réussi à s’enfuir à sa 3ème tentative

Lors de la présentation du rapport, la Cheffe de la protection de l’enfance au Bureau régional de l’UNICEF en Afrique de l’Ouest et du Centre a partagé l’histoire de Khady, une jeune fille nigériane de 18 ans, qui voulait devenir médecin.

Ses parents ont travaillé dur pour l’envoyer à l’école avec sa sœur. Après l’enlèvement de sa sœur par un groupe armé, Khady a abandonné l’école par crainte de vivre la même chose.

Malheureusement, sa sœur et ses enfants n’ont toujours pas été libérés

La jeune nigériane a ensuite épousé quelqu’un à l’âge de 15 ans et a donné naissance à des jumeaux. Son mari a été tué par un groupe armé.  

L’UNICEF explique que Khady a été ensuite enlevée par un groupe armé, violée et mariée contre son gré. Elle a réussi à s’enfuir après sa troisième tentative. Malheureusement, sa sœur et ses enfants n’ont toujours pas été libérés.

« Telle a été son enfance. Elle se reflète de manière effrayante dans toute la région », a détaillé Mme Heissler, ajoutant que Khady participe maintenant à un programme de soutien psychosocial et de formation professionnelle, ou elle devient couturière.Le soutien de la communauté est essentiel pour aider les jeunes filles comme Marie, 17 ans, à se réinsérer dans leur communauté après avoir vécu le pire. Avec l'aide de sa famille d'accueil, Marie a réappris à faire confiance, et c'est à elle qu'elle doit l'amour et l'attention dont elle avait besoin pour reconstruire sa vie. © UNICEF/UN0538109/Rooftop Productions Le soutien de la communauté est essentiel pour aider les jeunes filles comme Marie, 17 ans, à se réinsérer dans leur communauté après avoir vécu le pire. Avec l’aide de sa famille d’accueil, Marie a réappris à faire confiance, et c’est à elle qu’elle doit l’amour et l’attention dont elle avait besoin pour reconstruire sa vie.

L’histoire de Khady se répète de manière effrayante dans la région

L’histoire de Khady est la même que celle de tant d’autres enfants, en particulier des filles, dans cette région. 

Pour les enfants comme Khady, l’UNICEF demande à toutes les parties au conflit à mettre fin aux violations graves contre les enfants. 

Il s’agit aussi d’intensifier la documentation des abus graves contre les enfants, qui vont servir lors d’un processus de reddition des comptes.

Pour les enfants recrutés et utilisés, l’UNICEF veut le transfert rapide des enfants des forces armées aux autorités civiles et aux acteurs de la protection de l’enfance afin qu’ils reçoivent une aide appropriée, en tant qu’enfants et en tant que victimes. 

De plus, des ressources financières et humaines sont nécessaires pour soutenir les filles et les femmes, y compris les survivantes de violences sexuelles et sexistes.

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Initiative Spotlight : la violence contre les femmes et les filles est évitable

A l’occasion de la présentation vendredi du rapport d’impact 2020-2021 de l’initiative Spotlight, de hauts responsables des Nations Unies et de l’Union européenne ont tenu à rappeler que la violence contre les femmes et les filles est évitable et que le changement est possible.

« La violence contre les femmes et les filles est une pandémie silencieuse. C’est un problème que nous ne pouvons traiter qu’en travaillant ensemble. C’est pourquoi je suis si fière des efforts conjoints de l’UNICEF, de nos agences sœurs et de l’Union européenne dans l’initiative Spotlight », a déclaré la Directrice exécutive du Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), Henrietta Fore.

L’initiative Spotlight est un partenariat mondial pluriannuel entre l’Union européenne et les Nations Unies visant à éliminer toutes les formes de violence à l’égard des femmes et des filles. Cette est l’une des violations des droits de l’homme les plus répandues, les plus persistantes et les plus dévastatrices au monde.

Une femme sur trois dans le monde a subi des violences physiques ou sexuelles. Une femme sur deux tuées dans le monde en 2012 a été tuée par son partenaire ou sa famille. Une femme et une fille sur cinq ont subi des violences physiques et/ou sexuelles de la part d’un partenaire intime au cours des 12 derniers mois.

Lancée en 2017 avec un financement initial de 500 millions d’euros de l’Union européenne, cette initiative représente un effort mondial sans précédent visant à investir dans l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes, condition préalable et moteur de la réalisation des objectifs de développement durable.

« Cette initiative est le plus grand effort ciblé au monde pour mettre fin à toutes les formes de violence à l’égard des femmes et des filles. Elle s’efforce de changer les normes sociales et sexistes néfastes qui sous-tendent cette violence. Et elle améliore l’accès et la qualité des services essentiels pour les survivantes de cette violence », a souligné la cheffe de l’UNICEF.

Au Niger, empêcher les mariages d’enfants

Au Malawi, l’initiative travaille avec des organisations communautaires et des partenaires médiatiques pour sensibiliser les éducateurs et les jeunes, en particulier les garçons. Selon Mme Fore, ces efforts contribuent à augmenter le signalement et à fournir aux filles et aux femmes un soutien plus rapide et plus efficace.

Au Niger, un travail est effectué avec les comités de protection des villages pour empêcher des centaines de mariages d’enfants.

« L’Initiative Spotlight est la preuve que lorsque les gouvernements, les agences des Nations Unies et la société civile travaillent ensemble, nous pouvons faire la différence », a estimé Mme Fore.

Selon elle, Spotlight est plus nécessaire que jamais, alors qu’au cours des deux dernières années, la pandémie de COVID-19 a perturbé ou fermé des services clés, notamment dans les établissements de santé et les écoles. En outre, les pressions économiques dans de nombreux pays augmentent le risque de violence.

« La COVID-19 continue d’exacerber la violence à l’égard des femmes et des filles dans un contexte de réaction contre les droits des femmes dans le monde », a noté pour sa part Sima Bahous,Directrice exécutive d’ONU Femmes. « Maintenant plus que jamais, nous avons besoin d’une action concentrée pour protéger les gains réalisés et se prémunir contre les retours en arrière ».

Selon Henrietta Fore, « l’Initiative Spotlight montre le besoin continu d’investissements pour prévenir la violence et apporter des réponses efficaces. Les résultats que nous présentons aujourd’hui montrent exactement ce que cet investissement peut réaliser ».

« La violence contre les filles et les femmes est évitable et le changement est possible. Les filles et les femmes dirigent ce changement ; continuons à les soutenir », a-t-elle conclu.

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La Grande Muraille Verte d’Afrique, un Investissement Bénéfique — FAO

La Grande muraille verte d’Afrique, qui vise à lutter contre la désertification dans la région du Sahel, est non seulement cruciale au regard de la lutte contre le changement climatique, mais est aussi un débouché commercial intéressant pour les investisseurs, d’après une nouvelle étude menée par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et publiée dans Nature Sustainability

Selon l’analyse, pour chaque dollar investi dans cette initiative de grande ampleur visant à mettre un frein à la dégradation des terres sur le continent africain, du Sénégal à l’ouest à Djibouti à l’est, les investisseurs peuvent s’attendre à un rendement moyen de 1,2 dollar, sachant que les montants obtenus varient entre 1,1 et 4,4 dollars. 

Faire évoluer les discours

D’après le Coordonnateur des projets internationaux au sein de la Division des forêts de la FAO et l’un des principaux auteurs de l’étude, Moctar Sacande, nous devons faire évoluer le discours sur la région du Sahel afin de montrer que, malgré l’environnement hostile et sec de la région, les investisseurs peuvent tout de même obtenir un rendement viable en investissant dans la restauration des terres.  

L’analyse est fondée sur des données de terrain et des données satellitaires qui permettent de suivre la dégradation des terres sur la période 2001-2018. Ces données sont ensuite comparées aux coûts et aux avantages de la restauration des terres selon différents scénarios adaptés aux circonstances locales.

D’après M. Sacande, les résultats de l’analyse sont le dernier élément nécessaire pour comprendre la situation économique et viennent s’ajouter à la volonté politique et au savoir-faire technique déjà en place et devraient encourager le secteur privé, qui manifeste un intérêt croissant.

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Le Droit à la Sécurité Sociale : une Question Urgente, Selon la Cheffe des Droits de l’Homme à l’Onu

La Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme a déclaré lundi que l’impact de la crise de la Covid-19 et l’évolution du monde du travail font du droit à la sécurité sociale pour tous « une question de la plus haute urgence ».

Michelle Bachelet participait à la toute première table ronde intersessions sur le droit à la sécurité sociale organisée par le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies à Genève.

L’objectif était d’identifier les défis et les meilleures pratiques, à travers un débat entre les États membres, les agences des Nations Unies, les organes de traités et la société civile, entre autres.

Pour Mme Bachelet, il ne pouvait pas y avoir de meilleur moment pour parler de sécurité sociale et de protection sociale. En raison de la pandémie, 255 millions d’emplois ont été perdus en 2020 seulement.

« Les lacunes dans la couverture des systèmes de protection sociale et les prestations de protection sociale inadéquates ont contribué aux inégalités qui ont accéléré et aggravé les impacts de la Covid-19 », a déclaré le Haut-Commissaire.

Faciliter l’accès aux soins de santé

La sécurité sociale facilite l’accès aux soins de santé, protège les personnes contre la pauvreté et garantit les droits économiques et sociaux essentiels, notamment l’alimentation, l’eau, le logement, la santé et l’éducation.

La Haut-Commissaire estime que les États membres ont « clairement reconnu » l’importance des filets de sécurité sociale l’année dernière, lorsqu’ils ont répondu à la pandémie par des mesures de protection sans précédent pour atténuer ses impacts sociaux, économiques et sanitaires.

Au plus fort de la crise, du Malawi au Pérou, en passant par les Philippines, la Finlande et les États-Unis, les gouvernements ont rapidement étendu leurs programmes d’assistance sociale.

Ils ont introduit de nouveaux transferts en espèces à de nombreuses personnes qui sont généralement exclues, y compris les travailleurs informels, pour la plupart des femmes et des indépendants.

En Argentine et en Bolivie, par exemple, des ressources ont été utilisées pour faire progresser des systèmes d’imposition plus progressifs, créant ainsi un espace fiscal plus large pour la protection sociale.

« Mais beaucoup de ces mesures étaient temporaires », a averti Mme Bachelet. « Et dans chaque région, il reste encore beaucoup à faire pour faire du droit à la sécurité sociale, une réalité pour tous ».

Maintenant, a-t-elle soutenu, les États membres devraient passer des mesures temporaires et ad hoc des premiers mois de la pandémie à des politiques à plus long terme.

Manque de protection sociale

Selon le Rapport mondial sur la protection sociale de l’Organisation internationale du travail (OIT), plus de la moitié de la population mondiale n’a actuellement aucune protection sociale.

Seuls 26% des enfants dans le monde reçoivent des prestations de protection sociale et moins de la moitié des femmes ayant un nouveau-né dans le monde reçoivent une aide en espèces à la maternité. Environ 30% seulement des personnes gravement handicapées perçoivent des prestations d’invalidité.

La transition en cours vers une économie verte et l’introduction de nouvelles technologies modifient également le paysage du travail, en particulier pour les plus défavorisés.

« La sécurité sociale est une boîte à outils essentielle pour aider les travailleurs à naviguer dans ces changements et renforce une résilience inestimable pour l’économie dans son ensemble », a déclaré Mme Bachelet.

Pour la Haut-Commissaire, non seulement ce type de protection est « un droit humain fondamental », mais il est également « indispensable à l’exercice de nombreux autres droits et nécessaire à une vie dans la dignité ».

Le renouvellement de la solidarité est la pierre angulaire du Programme commun du Secrétaire général, qui vise à lutter contre les inégalités et à guider la façon dont le monde peut mieux se remettre de la pandémie. Pour Mme Bachelet, dans ce contexte, la coopération internationale avec les pays moins développés « est essentielle et profitera à tous ».

Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH) s’efforce de faire progresser les systèmes de protection sociale dans le monde, la priorisation des budgets de santé et une participation plus large des travailleurs de la santé et des communautés aux régimes de protection sociale.

« Les systèmes de protection sociale ne sont pas une ponction sur les ressources : ils constituent un investissement inestimable dans des sociétés saines », a conclu la Haut-Commissaire.

ibinimori

ONU : Quand les Femmes Prennent les Choses en Main

La contribution des femmes activistes à la construction de la paix dans le monde est mise en évidence dans une exposition d’images prises par des femmes photographes. Cette exposition, intitulée « Quand les femmes prennent la paix en main », a été inaugurée jeudi au siège de l’ONU à New York.

« Quand les femmes prennent la paix en main », présente le profil de 14 femmes de trois continents qui ont joué le rôle de médiatrices auprès de groupes armés, participé à des pourparlers de paix, proposé des solutions politiques et plaidé pour les droits et la participation des femmes.

Leurs histoires nous parviennent de la République centrafricaine, de la République démocratique du Congo, du Mali, du Soudan et du Soudan du Sud, du Liban, du Yémen et de la Colombie.

Selon l’ONU, malgré les progrès réalisés au cours des dernières années, les femmes sont encore fréquemment exclues des processus de paix formels, alors que leurs expériences, leurs connaissances et leurs compétences diverses ne sont souvent pas reconnues. Ola al-Aghbary est la fondatrice de la Sheba Youth Foundation for Development, qui se concentre sur l'autonomisation des jeunes et des femmes au Yémen.   . Hana Haza’aOla al-Aghbary est la fondatrice de la Sheba Youth Foundation for Development, qui se concentre sur l’autonomisation des jeunes et des femmes au Yémen. .

Des femmes photographes locales 

L’ONU s’est associée à des femmes photographes locales, qui non seulement documentent les histoires des femmes qui s’efforcent d’instaurer un climat de paix dans leurs communautés, mais font aussi face aux mêmes défis.

« Lorsque je capture les visages et les voix de ces femmes, je ressens de l’espoir et de la fierté », a déclaré la photographe malienne Kani Sissoko. « Ce travail me permet d’avoir un dialogue avec la génération future, de montrer qu’une femme a sa place partout et pas seulement à la maison ».

L ‘exposition virtuelle et physique a été lancée en septembre dernier durant la 76e session de l’Assemblée générale de l’ONU : sur le site web de UN Exhibits et l’exposition physique à l’emplacement phare de Photoville au bord de l’eau à Dumbo près du pont de Brooklyn à New York. 

L’exposition s’est ouverte jeudi au siège de l’ONU à New York, en marge du débat du Conseil de sécurité sur les femmes, la paix et la sécurité, qui met l’accent cette année sur la contribution des femmes locales au maintien de la paix, à la consolidation de la paix et aux cadres de transition pendant et après les opérations de paix des Nations Unies.  

Vous pouvez en savoir plus sur la manière dont ces 14 femmes ont fait la paix, ainsi que sur les photographes qui les ont profilées.

Les femmes restent trop souvent à la périphérie des processus de paix

Abus Sexuels en RDC au Temps d’Ebola : le Chef de l’OMS s’excuse

Le chef de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a présenté ses excuses aux survivantes d’exploitation et d’abus sexuels commis par des employés de l’agence onusienne dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri, en République démocratique du Congo (RDC), dans le cadre de la riposte à Ebola entre 2018 et 2020.

Lors d’une conférence de presse à Genève à l’occasion de la publication du rapport d’une commission d’enquête indépendante, le Directeur général de l’OMS, Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, a promis de punir les coupables.

Les conclusions du rapport dénoncent des « défaillances structurelles » et des « négligences individuelles ». Des dizaines de femmes se sont vu proposer du travail en échange de rapports sexuels ou ont été victimes de viol. La commission a identifié 83 auteurs présumés, dont 21 étaient des employés de l’OMS.

Le chef de l’OMS avait nommé en octobre dernier cette commission d’enquête, co-présidée par l’ancienne ministre des Affaires étrangères du Niger, Aïchatou Mindaoudou, et l’activiste congolaise Julienne Lusenge. Outre les deux co-présidentes, la commission est composée de cinq autres experts.

Conséquences sévères pour les responsables

« La première chose que je tiens à dire aux victimes et aux survivantes c’est que je suis désolé. Je suis désolé, désolé de ce qui vous a été imposé par des personnes qui étaient employées par l’OMS pour vous servir et vous protéger », a déclaré mardi Dr Tedros, promettant des « conséquences sévères » aux responsables.

« Ce qui vous est arrivé ne devrait jamais arriver à personne. C’est inexcusable. C’est ma priorité absolue de m’assurer que les auteurs ne sont pas excusés, mais qu’ils sont tenus de rendre des comptes. En tant que Directeur général, j’assume la responsabilité ultime du comportement des personnes que nous employons et de toute défaillance de nos systèmes qui a permis ce comportement », a-t-il ajouté.

Il a affirmé qu’il assumerait « personnellement la responsabilité d’apporter les changements nécessaires pour éviter que cela ne se reproduise à l’avenir ». « La commission a fait un travail remarquable pour faire entendre la voix des victimes et des survivantes. Mais l’enquête n’est pas terminée et nécessitera des travaux supplémentaires », a-t-il précisé.

Le chef de l’OMS a promis d’agir dans trois domaines.

Premièrement, le chef de l’OMS veut fournir un soutien, une protection et la justice aux victimes et aux survivantes.

L’OMS a mis fin, dès la publication du rapport, au contrat de quatre des 21 auteurs présumés employés par l’agence onusienne. Les autres avaient des contrats de courte durée et n’étaient alors plus employés. Ils se verront exclure de tout emploi futur. En outre, l’OMS transmettra les allégations de viol aux autorités nationales en RDC pour qu’elles enquêtent, ainsi que dans les pays d’origine des auteurs présumés.

L’OMS veut également fournir des services et un soutien aux victimes et aux survivantes, même si elle n’a pas encore connaissance de leur identité.

Deuxièmement, l’agence onusienne veut prendre des mesures pour remédier aux défaillances.

« Nous devons avoir une tolérance zéro pour l’exploitation et les abus sexuels, et une tolérance zéro pour l’inaction à leur égard. Je regrette profondément que les souffrances des victimes aient pu être exacerbées par les défaillances apparentes dans la manière dont l’Organisation a traité les signalements », a dit le Dr Tedros.

Deux hauts responsables ont été placés en congés administratifs « et nous prenons des mesures pour nous assurer que d’autres personnes susceptibles d’être impliquées soient temporairement déchargées de tout rôle décisionnel » dans cette affaire, a précisé le chef de l’OMS. Il a aussi annoncé qu’un organisme externe sera chargé d’identifier les manquements individuels au sein de l’OMS.

Un jour sombre pour l’OMS

Enfin, Dr Tedros juge nécessaire une « réforme complète de nos structures et de notre culture ».

« La commission a identifié le besoin de changements fondamentaux dans nos structures et nos capacités institutionnelles pour prévenir, détecter et répondre à l’exploitation et aux abus sexuels dans les communautés que nous servons », a-t-il dit.

« C’est un jour sombre pour l’OMS. Mais en mettant en lumière les échecs des individus et de l’Organisation, nous espérons que les victimes sentent que leurs voix ont été entendues », a-t-il conclu.

ibinimori

La Semaine africaine du climat a pour objectif de créer un élan régional avant la COP 26

Des réfugiés à Minawao, dans le nord-est du Cameroun, plantent des arbres dans une région marquée par la déforestation.

Les sessions thématiques virtuelles de la Semaine africaine du climat 2021 ont démarré lundi avec des appels à l’action lancés par les principales voix de la région.

« L’ambition doit être le mot qui guide toutes nos actions. Nous sommes engagés dans une course contre la montre », a déclaré la Secrétaire exécutive d’ONU Climat (CNUCC), Patricia Espinosa, à cette occasion.

Selon la cheffe d’ONU Climat, cette rencontre, organisée par le gouvernement ougandais avec l’appui de l’ONU et plusieurs entités régionales, est l’occasion de favoriser la collaboration sur les défis urgents et de renforcer la résilience face aux risques climatiques croissants dans la région.

« La Semaine africaine du climat crée un élan pour la réussite de la COP 26 », a estimé Mme Espinosa, en référence à la Conférence des Nations Unies sur le climat qui aura lieu en novembre à Glasgow, en Ecosse.

L’évènement, qui se déroule jusqu’au 29 septembre, rassemble plus de 4.500 participants, notamment des représentants de gouvernements, des chefs d’entreprise et des reprsentants de la société civile, pour engager un dialogue axé sur les solutions et mettre en valeur l’action climatique.

Il vise également à fournir des informations sur les campagnes de l’ONU ‘Objectif Zéro’ et ‘Course vers la résilience’, tout en veillant à ce que les voix régionales soient entendues dans le processus multilatéral sur le climat.

La Semaine africaine du climat se concentre sur trois domaines clés :

L’intégration d’une action ambitieuse dans les secteurs économiques clés dans la planification nationale.

L’adaptation aux risques climatiques et le renforcement de la résilience.

Saisir les opportunités de transformation pour placer la région sur la voie d’un développement à faibles émissions de gaz à effet de serre et hautement résilient.

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