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Traite Négrière : la Réparation, une délivrance pour l’Afrique

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Pour la traite négrière transatlantique, outre l’argument  dilatoire de la traite arabo-musulmane soulevé à la conférence de Durban en 2001, les Occidentaux ont beau jeu de rétorquer que les Africains se vendaient eux-mêmes. Argument spécieux mais à quoi, on peut répondre — à supposer même qu’il ait quelque once de vérité — que ce n’est pas parce qu’une fillette de 7 ans se fait prostituée qu’un homme de 40 ans va la violer. Mais passons.

Quid d’une autre tragédie non sans rapport de cause à effet avec la traite transatlantique industrielle, à savoir l’extermination des Amérindiens. Ceux-ci se suicidèrent-ils massivement, après avoir été « découverts » puis « conquis » ? Se sont-ils auto-exterminés ?

Je pense que par rapport à leur responsabilité historique, il faut que les Européens consentent à être un peu sérieux, et arrêtent de prendre les descendants de leurs victimes pour plus idiots qu’ils ne sont. Car ce serait,  comme le disent les Anglais, ajouter la blessure à l’insulte, ce qui revient à  doubler ses torts d’un affront.

Au lieu de fuir dans la dénégation en usant d’armes rhétoriques idiotes, dans le cas de l’Afrique, dont ils ont abusé de manière ineffable sur plus de quatre siècles, les  Occidentaux doivent être contraints d’accepter l’effectivité de leurs crimes et d’en payer la note. La réparation nécessaire calculée sur la base des fortunes colossales générées par  les quatre siècles de traite négrière transatlantique ne serait bien sûr que matérielle, car aucune réparation morale ne peut être apportée à l’Afrique pour les viols, les souffrances, la dénaturation, la réification, la déshumanisation  et les pertes immenses qu’elle a subies.

Les Africains doivent se battre pour exiger  cette nécessaire réparation. Ce n’est pas seulement une question de justice  ni de droit, mais comme le montre l’histoire du temps présent, la réparation est devenue la condition sine qua non d’une délivrance de l’acharnement pluriséculaire et multiforme de l’Occident sur le continent africain.

Si 60 ans après ce que l’on appelle les indépendances nous sommes encore dans l’antre du néocolonialisme et en subissons les affres jour et nuit, c’est parce que nous n’avons pas exigé et obtenu réparation pour le colonialisme, dont l’actuel président français a pu dire lui-même que c’était un crime contre l’humanité. Si nous avons subi le colonialisme c’est parce que nous n’avons pas exigé et obtenu réparation pour  la traite négrière transatlantique que nous avons subie.

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La problématique de la réparation, à l’instar de celle de la traite, pourrait bien sûr et devrait être à terme considérée de manière plus systématique ; ce qui implique aussi, dans le même élan de pointer du doigt la traite arabo-musulmane qui, à certains égards, a été à la fois plus dévastatrice et plus cruelle, en raison justement de la dénégation dont elle est l’objet, mais aussi de ses méthodes et sa finalité génocidaire occultée. Mais le souci des Africains ici et maintenant étant celui de leur délivrance du joug continu de la domination coloniale, force est de donner priorité aux actions et combats qui la conditionnent. Et de ce point de vue,  l’intelligence commande de donner priorité au combat pour la réparation de la traite négrière transatlantique.

Adenifuja Bolaji

La Résistance Africaine à la Traite Négrière

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10 Mai, Mémoire des Corps : un Triptyque de l’Artiste Yao Metsoko

Quand l’artiste Franco-Togolais Yao Metsoko interroge la violence sur les corps, dont l’esclavage a été le cadre et le nom pendant des siècles.

Dans le cadre de la commémoration du 10 mai cette année ,Yao Metsoko nous a généreusement proposé trois instances d’une œuvre qui parle au plus profond de nous de la violence sur les corps.

La première nous montre le corps de l’esclave au travail dans un champ de canne à sucre, lieu paradigmatique qui dans les caraïbes est l’équivalent des champs de coton dans le Sud des États-Unis. Labeur incessant sur des siècles qui a épuisé la sueur des esclaves devenue océan de misère.

Une deuxième instance nous montre l’intérieur- là aussi paradigmatique – du négrier. La géométrie de la violence sur les corps assujettis est dépeinte avec une troublante précision, qui nous parle à mot couvert de l’inertie de la réification du Noir pendant la traversée transatlantique.

Enfin, dans cette troisième instance qui semble résumer toutes les autres, l’artiste présente trois personnes — un homme une femme et un enfant — que semble unir un lien intime qui se passe de commentaire. Les corps sont debout, la force du lien et de la volonté se sent dans les regards. C’est le geste de prise de conscience par excellence, prise de conscience de son corps et du droit d’en être maître. Que peut faire le soi-disant maître si l’esclave n’y a pas la main ? Ici les personnages n’ont pas cette main, car ils savent désormais qu’elle est au plus profond d’eux dans leur volonté d’être libres.

Fafadi dit un grand merci à Yao Metsoko pour son soutien et son engagement sans faille au service de notre mémoire commune.

Nonvitcha Lise

Ethiopie : l’UNICEF dénonce « un niveau de cruauté déconcertant » contre les enfants au Tigré

Alors que la crise dans la région éthiopienne du Tigré est entrée dans « son sixième mois sans qu’aucune fin ne soit en vue », le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) s’est inquiété, mardi, des conséquences du conflit sur les enfants.

Selon l’agence onusienne, les femmes et les enfants sont de plus en plus vulnérables dans les régions du Tigré, de l’Amhara et de l’Afar touchées par le conflit, alors que les conditions continuent de se détériorer et que les déplacements internes s’intensifient rapidement.

Au Tigré, « il s’agit d’une crise de protection », a déclaré lors d’une conférence de presse virtuelle, James Elder, porte-parole de l’UNICEF.

« Ce qui émerge est un tableau inquiétant de violations graves et continues des droits de l’enfant », a-t-il ajouté. A ce sujet, il indique avoir reçu « des déclarations personnelles de la part d’enfants ». « Ces derniers ont dit à nos équipes qu’ils ont été violés. Le personnel de l’agence onusienne a également reçu « des témoignages déchirants de femmes victimes de violences sexuelles ».

Un centre a enregistré en moyenne 3 cas de violence sexiste par jour

« Vous savez tous que le président de l’Éthiopie, le ministre de la Femme, de l’Enfance et de la Jeunesse, la Commission éthiopienne des droits de l’homme (EHRC) ont dénoncé de multiples cas de viols et de violences sexuelles », a d’ailleurs rappelé le porte-parole du HCR.

Parmi tous ces « récits traumatisants de survivants », il y a le sort de cet enfant qui n’avait que 14 ans. « J’ai entendu des rapports de viols collectifs », a-t-il ensuite détaillé, relevant « un niveau de cruauté déconcertant » décrit lors de ces attaques.

Depuis le début de l’année, un seul centre soutenu par l’UNICEF a ainsi enregistré en moyenne, trois cas de violence sexiste par jour

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Denise Padín Collazo : Prospérer et non Survivre

La militante et auteure Denise Padín Collazo, d’origine portoricaine, a publié son livre «Thriving in the fight: a survival manual for Latinas on the front lines of change». Après 25 ans d’activisme pour le changement de politique économique aux États-Unis dans la «lutte pour la justice raciale, politique et économique» au sein de l’organisation confessionnelle Faith in Action, Padín Collazo soutient le leadership des femmes de couleur par le mentorat et l’écriture, en particulier, comme elle le dit, beaucoup abandonnent l’activisme en raison de l’épuisement.

Je me suis assis avec elle sur Zoom pour parler davantage de son livre. L’entrevue a été condensée pour des raisons de longueur et de clarté.

Melissa Vida (MV): Vous dites que « nous devons faire les choses que nous devons faire pour prospérer, pas seulement survivre. » Que veux-tu dire par là?

Denise Padín Collazo (DPC): Mon expérience au fil des ans en tant que leader de la justice sociale est qu’il y a eu de nombreuses fois où j’ai vraiment baissé la tête et faire le travail. Vous «resteriez dans le combat» pour la justice raciale, économique et politique ou vous pourriez remporter une victoire, mais vous êtes juste épuisé. Après avoir survécu, vous vous rendez, ce qui est l’étape juste avant de partir. Et l’abandon est cet endroit où vous avez perdu la joie, l’énergie, la créativité. Vous faites le travail, vous portez un lourd fardeau, mais vous ne vous présentez pas comme la version la plus brillante, la plus efficace et la plus badass de vous que vous puissiez.

Denise Padín Collazo

MV: Quelle est la sauce secrète pour prospérer, alors?

DPC: Il y a trois clés. Je pense que nous devons conduire dans notre vision lorsque nous voyons quelque chose dans notre esprit qui n’existe pas encore. Parfois, nous nous retrouvons à mettre en œuvre la vision de quelqu’un d’autre et ce n’est pas là que nous sommes à notre meilleur. Ensuite, il s’agit de vivre pleinement en soi et de ne pas reculer dans le coin de la pièce et d’attendre les réponses et la permission des autres. Mon inspiration pour cela est de savoir comment, en tant que latino-américains, ou de pays d’Amérique latine ou de culture caribéenne, il y a juste une façon d’être quand nous sommes tous ensemble, nous sommes simplement «plus». Nous sommes plus gros, plus bruyants, plus heureux. Et la troisième clé est de nous rappeler l’amour pour notre peuple, l’amour pour le travail de changement, l’amour pour nous-mêmes, ce qui est suffisant pour nous aider à nous propulser au-delà de tous les négatifs comme les messages qui nous ont été enseignés en tant que jeunes filles. quant à la manière dont les femmes sont censées être dans le monde.

MV: À quoi ressemble le contraire du rétrécissement?

DPC: En tant que Latina, j’ai été élevée pour servir humblement dans les coulisses et je n’ai jamais espéré de reconnaissance – pas de récompenses, rien de tout cela. J’ai dû reprendre courage et obtenir le courage de mes sœurs pour m’aider à diriger depuis le front. Ce n’est pas l’endroit où je me sens le plus à l’aise pour diriger, mais comme nous sommes si peu de Latinas à diriger, nous n’avons pas le choix. Vous n’êtes pas obligé de le faire de la manière égoïste qui a été modelée pour nous auparavant, nous pouvons diriger en tant que collectif. Les gens avec qui nous travaillons ont besoin que nous soyons aux avant-postes. Et cela ne veut pas dire que nous devons travailler davantage. Parfois, cela signifie que nous devons travailler moins, donc nous avons le temps de respirer, de nous reposer, de prendre le soleil, de nous rafraîchir parce que nous passons beaucoup de temps à nous évacuer.

MV: Cela m’amène à ma prochaine question: qu’est-ce que «la culture de l’urgence?»

DPC: Dans le livre, je présente un certain nombre de symptômes de la suprématie blanche qui existent dans les organisations. L’un de ceux-ci est la culture de l’urgence. Dans de nombreux endroits où je travaille, il y a juste cette mouture qui ne s’arrête jamais. Nous travaillons pour la transformation raciale, politique et économique, et ce n’est pas un travail facile, et cela ne s’arrête vraiment jamais. Il est très difficile en tant qu’avocat de reprendre son souffle et d’arrêter. Donc, certaines choses sont urgentes, comme les tremblements de terre, les ouragans, les fusillades. Mais certaines choses ne le sont pas. Je veux que nous le remarquions et que nous y poussions. Par exemple, le temps est mesuré différemment à travers le monde. Et ici aux États-Unis, vous pourriez passer un appel téléphonique de 30 minutes avec quelqu’un et c’est tout. Mais nous ne pouvons pas être pleinement nous-mêmes en une demi-heure. J’ai donc appris à ne pas penser de cette façon et à me laisser ouvert à la magie qui se produit lorsque vous prenez plus de temps pour faire quelque chose, ou pour être avec les gens et les écouter.

MV: Vous avez consacré un chapitre entier à dénoncer l’anti-noirceur. Pourquoi?

DPC: 2020 a été une année où nous avons tous été interpellés par les jeunes, brillants et incroyables leaders du mouvement Black Lives Matter, qui ont créé un moment partout dans le monde qui nous oblige à nous demander: comment est notre silence complice du système tel qu’il est? J’ai regardé les conversations se dérouler, du moins aux États-Unis, et cela finit par être une construction noire ou blanche, et les Latinos se penchent en arrière dans des espaces où la race est discutée. Si vous parlez à une personne latino [non noire] et que vous lui demandez si elle a déjà remarqué de l’anti-noirceur dans sa propre communauté, certains diront: «Oui, mais c’est très amusant…». Ce n’est pas bon. Il s’agit du dicton en Amérique latine mejorar la raza («améliorer la course») qui consiste à rendre la race plus blanche. Il s’agit de votre tía (tante) qui dit: «N’épousez pas cette personne parce qu’elle est plus sombre que vous.»
En tant que Latinas, nous avons cette opportunité de construire de très bonnes relations avec nos sœurs afro-latines et nos sœurs qui s’identifient comme noires ou d’origine africaine. À quoi cela ressemblerait-il si nous avions de vraies conversations au sein de la communauté latino-américaine sur l’anti-noirceur et commençons à vraiment le remettre en question? C’est partout dans notre culture. Il ne me suffit pas d’être un combattant pour la justice raciale, je dois travailler sur notre peuple – aller parler à vos tíos (oncles) et cousins.

MV: Nous avons parlé de «Latinos», mais les Latinos ne sont-ils pas tous différents? Quel est le lien commun?

DPC: Aux États-Unis, toute personne d’origine latino-américaine est classée dans une seule catégorie. Mais le fait est que nous ne parlons pas tous la même langue, nous ne mangeons pas la même nourriture, nous ne nous ressemblons pas tous. Il y a tellement de diversité. Mais la seule chose qui nous unit tous est une histoire commune d’oppression, de colonisation et d’extraction des ressources naturelles qui continue de se produire aujourd’hui. L’Église et les systèmes violents comme l’esclavage et parfois l’extermination nous ont appris à croire que la blancheur est la bonne chose. Certains Latinos qui sont au milieu, entre le blanc et le noir, se confondent parfois. Le but est de vraiment comprendre que nous sommes tous opprimés. Notre libération, y compris les Blancs, est réalisée par la libération des Noirs. Si nous ne pouvons pas vraiment comprendre cela, nous ne verrons qu’une partie de l’image.

MV: Comment envisagez-vous l’avenir de l’activisme social?

DPC: J’adorerais voir un avenir dans lequel le leadership des femmes est centré, que l’idée de diriger «avec» et non «par-dessus» devienne la norme et non l’exception. Nous en avons assez dans ce monde. Nous avons assez d’argent, d’eau, d’air frais. Il y en a assez. Nous devons juste centrer l’attitude d’amour et de leadership qui concerne tout le monde et non certaines personnes. Et je ne dis pas que les femmes sont parfaites, mais j’ai énormément confiance en notre leadership. S’il y a ce rêve que vous avez dans votre tête et que vous ne l’avez pas encore vu? Va le chercher. C’est à vous de l’obtenir.

Attaques en dessous de la Ceinture, Arme Facile contre les Femmes : le cas de l’Activiste Chantal Mutamuriza

Les femmes journalistes, féministes, militantes et défenseurs des droits humains du monde entier sont confrontées à un harcèlement virtuel. Dans cette série, l’alliance mondiale de la société civile CIVICUS met en évidence la nature sexiste du harcèlement virtuel à travers les histoires de femmes qui travaillent pour défendre nos libertés démocratiques. Ces témoignages sont publiés ici grâce à un partenariat entre CIVICUS et Global Voices.

Une crise politique s’est déclenchée au Burundi en 2015 lorsque l’ancien président Pierre Nkurunziza a décidé de briguer un troisième mandat. Au cours de son mandat – qui s’est terminé par sa mort peu de temps avant la fin officielle de son mandat en 2020 – son gouvernement s’est lancé dans une répression systématique des médias, des journalistes, des organisations de la société civile et des défenseurs des droits humains. Les journalistes ont été victimes de harcèlement judiciaire, tandis que les médias doivent faire face à des réglementations étouffantes et à des fermetures.

Sous le régime du successeur de Nkurunziza, le président Évariste Ndayishimiye, les journalistes et les défenseurs des droits continuent de faire face à des défis. L’arrestation de militants politiques et la récente annonce publique de la condamnation de 34 personnes exilées – dont des journalistes et des défenseurs des droits humains – à la réclusion à perpétuité pour tentative de coup d’État contre l’ancien président, illustrent les obstacles à la liberté d’expression dans le pays. Des militants tels que Germain Rukuki restent en prison pour leur travail en faveur des droits humains, tandis que de nombreux autres sont en exil ou toujours portés disparus.

À la lumière de ces violations, en 2017, le rapport de la Commission d’enquête des Nations Unies sur le Burundi a demandé à la Cour pénale internationale d’ouvrir une enquête. Cependant, le gouvernement burundais a rejeté le rapport, affirmant qu’il n’avait «aucune crédibilité».

Chantal Mutamuriza est une féministe, défenseuse des droits humains et fondatrice de l’ONG Light For All, une organisation qui s’attaque au problème de la résilience économique et des moyens de subsistance des femmes et des enfants réfugiés burundais en Ouganda. Elle avait auparavant travaillé pour des organisations de haut niveau des droits de l’homme au Burundi, en Gambie, à Genève et au Mali. Elle a été prise pour cible dans le cadre d’une campagne de dénigrement sexiste dénigrant les conclusions de la commission des Nations Unies.

c’est l’histoire de Chantal Mutamuriza:

Un jour, j’ai réveillé jusqu’à 2000 tweets
C’est le stress mental.

Vous vous réveillez, vous utilisez votre téléphone, vous voyez des tweets qui tentent de délégitimer votre travail:

«Scandale de l’ONU #ChantalMutamuriza maneater petite amie.»

Le harcèlement a commencé en septembre 2017. Le premier rapport de la Commission d’enquête des Nations Unies sur les violations des droits de l’homme au Burundi a été publié, et il était extrêmement accablant. À l’improviste, j’étais quelqu’un qui a été distingué comme étant impliqué.

Le gouvernement burundais a déclaré que le rapport était partial parce que le chef de la commission était impliqué dans une relation avec une jeune femme burundaise – moi. Je peux imaginer les ragots: «Elle a une liaison avec le président de la commission d’enquête!»

Ils ont même dit que j’avais rédigé le rapport:

🔴Scandal Onusien # ChantalMutamuriza femme fatale petite copine #Ouguergouz ancien employée #Ngasou est élément moteur d rapports🇧🇮 @unhrcpr pic.twitter.com/0TyLZ6PDSj

Renegade Giana (@GianaRenegade) 24 septembre 2017

Chantal Mutamuriza femme fatale petite amie #Ouguergouz ancien employé #Ngasou est le moteur des reportages 🇧🇮 @ unhrcpr

Pour tenter de discréditer les conclusions de la commission, ils ont construit une histoire. Compte tenu de mes antécédents professionnels et de mon militantisme pour les droits humains au Burundi, j’ai été une bonne prise.

Ils ont créé des photographies, me mettant avec le président de la Commission. Ils ont recherché mon CV et mon profil LinkedIn. Ils ont même découvert que j’avais travaillé pour la Commission africaine, en tant qu’assistant juridique d’un membre de la Commission d’enquête, et pour l’Union africaine en tant qu’observateur des droits de l’homme. Mon patron à l’époque était Pierre Buyoya, un ancien président du Burundi. Le parti au pouvoir ne l’aimait pas parce qu’il pensait qu’il était impliqué dans la tentative de coup d’État en 2015 et l’a accusé d’avoir tenté de s’emparer du pouvoir:

«Elle travaille avec un ancien président qui a fermenté le coup d’État!»

Ils ont dit que j’étais la «groupie» de Buyoya, un «commando de charme» qu’il a mis dans les bras du président de la commission, pour que l’ONU puisse criminaliser le Burundi.

J’étais totalement sous le choc et incapable de penser: je n’ai même pas rencontré les commissaires; Je n’ai même pas rencontré les enquêteurs; Je n’ai rien fait du tout.

Les accusations ont débuté lors d’une conversation sur une radio basée à Bruxelles, considérée à l’époque comme une caisse de résonance du parti au pouvoir. Mais dès que l’enregistrement radio a été diffusé, les tweets ont commencé à couler: un jour, j’ai eu 2000 tweets sur moi.

J’étais effrayé. Des mesures seraient-elles prises contre moi?

Le régime burundais harcèle les défenseurs des droits humains, certaines femmes ont même disparu. Quelqu’un me suivait-il? Ces gens sont impitoyables, ils peuvent tout faire. J’avais peur de sortir, j’ai perdu le sommeil. Cela a duré plus de trois semaines.

Je me sentais impuissant. Les organisations de défense des droits de l’homme que j’ai contactées ne savaient pas quoi faire – elles ont dit que ce n’était pas physique, c’était une menace mentale. Ils ont dit que si nous agissions à ce sujet, nous amplifierons le problème; ils ont dit que tant que votre sécurité physique est assurée, gardons-la telle quelle. Alors, comment abordez-vous cela? À l’époque, avec l’aide d’amis, nous avons écrit au bureau du président de la Commission d’enquête et affiché la lettre sur les médias sociaux; c’était une tentative de me couvrir contre les accusations infondées, car on ne sait jamais ce qui peut arriver à l’avenir.

Mais je sais que si vous ripostez ou répondez, vous leur donnez simplement la parole pour en dire plus, alors je suis resté silencieux.

C’était dur, vraiment dur. Parce qu’il est en ligne, vous ne savez pas quoi faire et vous ne connaissez pas exactement la personne qui fait cela. Certains défenseurs des droits du Burundi ont vérifié et les mandataires propriétaires du compte Twitter semblaient être affiliés au parti au pouvoir et même au bureau du président. Mais comment abordez-vous cela? Quelle base juridique avez-vous pour cela? Et comment pouvez-vous faire le suivi si vous êtes harcelé par le gouvernement qui fait des choses plus sérieuses, comme tuer des gens? C’est difficile à savoir.

Certaines personnes m’ont dit: «Pourquoi ne pas éteindre le téléphone?» J’ai dit: « Non, j’ai besoin de rassembler des preuves. » Au moins dans 10, 20 ou 30 ans, si quelqu’un vient me voir et me dit: «Vous étiez impliqué dans une liaison», je peux dire: «Non, j’ai des preuves.» En Afrique, très peu de pays ont adopté des lois pour protéger les défenseurs des droits humains, alors peut-être que c’est quelque chose qu’ils peuvent inclure, une clause sur la sécurité en ligne.

À ce jour, quand j’ose tweeter quelque chose sur le Burundi, j’obtiens immédiatement une réponse. Parfois, je pense qu’ils m’ont oublié mais chaque fois que je poste quelque chose, ils ripostent immédiatement.

Les femmes sont attaquées à un niveau différent de celui des hommes en raison de leur sexe et la meilleure façon d’attaquer une femme est à travers sa sexualité. Depuis 2015 au Burundi, certaines femmes défenseures des droits humains ont disparu, tandis que d’autres ont été tuées. La plupart d’entre nous sont maintenant en exil.

La société civile burundaise était autrefois l’une des plus dynamiques d’Afrique, et les femmes étaient incluses. Mais maintenant, je sens qu’ils ont été réduits au silence. Vous ajoutez cela au harcèlement du gouvernement, et c’est très difficile.

J’ai quitté le Burundi il y a longtemps et j’hésite à y retourner. En tant que défenseure des droits humains, je ne serais peut-être pas en sécurité.

Maintenant, j’ai peur de rentrer à la maison. Je ne peux; Je ne sais pas ce qui va m’arriver. Cela a eu le plus grand impact sur moi – je ne sais pas si je serai en sécurité ou non.

Covid-19 : la perturbation de l’accès à la planification familiale a provoqué 1,4 million de grossesses non désirées

Selon l’UNFPA, ces perturbations ont provoqué environ 1,4 million de grossesses non désirées et ces chiffres révèlent à quel point la santé reproductive et les choix des femmes ont été affectés par la pandémie.

Les données de l’UNFPA et de ses partenaires font état de perturbations des services de contraception dans 115 pays à faible et moyen revenu sur l’année précédente.

Selon elles, l’accès à la planification familiale a été très perturbé par des facteurs tels que les restrictions de déplacement, les problèmes dans les chaînes d’approvisionnement, les ruptures de stock et la surcharge des structures de santé. 

Pour de très nombreuses femmes, les conséquences ont constitué un bouleversement.

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Une femme sur trois est victime de violence physique ou sexuelle

Une femme sur trois continue d’être victime de violence physique ou sexuelle de la part d’un partenaire intime ou de violence sexuelle de la part de quelqu’un d’autre que son partenaire au cours de sa vie et cette violence débute très tôt, a déploré mardi l’Organisation mondiale de la santé (OMS) citant les données alarmantes publiées dans un nouveau rapport conjoint.

« La violence à l’égard des femmes est endémique dans tous les pays et toutes les cultures, causant des dommages à des millions de femmes et à leurs familles, et elle a été exacerbée par la pandémie de Covid-19 », a regretté le Directeur général de l’OMS, Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus. 

« Mais contrairement à la Covid-19, la violence à l’égard des femmes ne peut être stoppée par un vaccin », a ajouté le Dr Tedros, appelant les gouvernements, les communautés et les individus, à la combattre par des efforts « profonds et soutenus » les « comportements néfastes », à améliorer l’accès aux opportunités et aux services pour les femmes et les filles et à favoriser des relations saines et mutuellement respectueuses ». 

Les jeunes femmes sont parmi les plus à risque 

Selon l’OMS et ses partenaires, cette violence commence tôt : une jeune femme sur quatre, âgée de 15 à 24 ans, ayant eu une relation de couple aura déjà été victime de violence de la part d’un partenaire intime lorsqu’elle atteint l’âge de 25 ans.

La violence exercée par un partenaire intime est de loin la forme la plus répandue de violence à l’égard des femmes dans le monde (touchant environ 641 millions de personnes). 

Toutefois, 6% des femmes dans le monde déclarent avoir été agressées sexuellement par quelqu’un d’autre que leur mari ou leur partenaire. Compte tenu des niveaux élevés de stigmatisation et de sous-déclaration des abus sexuels, le chiffre réel est sans doute beaucoup plus élevé.

Les situations d’urgence exacerbent la violence

Le rapport présente les données de la plus grande étude jamais réalisée sur la prévalence de la violence à l’égard des femmes, une étude conduite par l’OMS pour un groupe de travail spécial des Nations Unies, qui s’appuie sur les données de 2000 à 2018 et met à jour les estimations précédentes publiées en 2013.

Bien que les chiffres révèlent des taux déjà alarmants de violence à l’égard des femmes et des filles, ils ne reflètent pas l’impact toujours actuel de la pandémie de Covid-19.

L’OMS et ses partenaires alertent sur l’exposition accrue des femmes à la violence du fait de la pandémie de Covid-19, en raison de mesures telles que les confinements et des perturbations des services de soutien essentiels.

« Il est profondément inquiétant que cette violence généralisée des hommes contre les femmes non seulement persiste sans changement, mais qu’elle atteigne son pire niveau pour les jeunes femmes âgées de 15 à 24 ans qui peuvent aussi être de jeunes mères », a déclaré la Directrice exécutive d’ONU-Femmes, Phumzile Mlambo-Ngcuka, précisant qu’il s’agissait des données d’avant la pandémie.

« Nous savons que les multiples conséquences de la Covid-19 ont déclenché une « pandémie occultée » de violence accrue contre les femmes et les filles », a ajoute Mme Mlambo-Ngcuka. 

« Chaque gouvernement devrait prendre des mesures fortes et énergiques pour y remédier et impliquer les femmes dans ce processus », a-t-elle exhorté.

Bien que de nombreux pays aient constaté une augmentation des signalements de violence exercée par le partenaire intime aux lignes d’assistance téléphonique, à la police, aux agents de santé, aux enseignants et aux autres prestataires de services pendant les confinements, le plein impact de la pandémie sur la prévalence ne sera établi qu’au fur et à mesure de la reprise des enquêtes, note le rapport.

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8 Mars : Lidhers’s Book, Leçons de vie des Femmes Africaines

Facebook publie LeadHERs: Leçons de vie par des femmes africaines, un livre qui met en lumière des femmes leaders de toute l’Afrique

Disponible gratuitement en format numérique et physique, l’ouvrage propose des leçons de vie pour les générations présentes et futures

JOHANNESBURG, Afrique du Sud, 5 mars 2021/ — Dans le cadre de la commémoration internationale du mois de la femme, Facebook (www.Facebook.com) a publie LeadHERs : Leçons de vie des femmes africaines, un recueil d’histoires réelles et inspirantes partagées par 19 femmes d’horizons divers qui repoussent les limites dans des domaines tels que les médias, le divertissement, la politique, l’éducation ou les affaires.

Disponible gratuitement en format numérique et physique, l’ouvrage propose des leçons de vie pour les générations présentes et futures. Chaque chapitre se penche sur une expérience personnelle et délivre un enseignement sur comment ces femmes ont su surmonter les défis et les obstacles. Le livre vise à encourager, inspirer et guider les lecteurs, quels que soient leur âge, origines ou ambitions.

LeadHERs : Leçons de vie des femmes africaines fait suite au lancement réussi en Afrique du Sud l’année dernière de Inspiring Changemakers : Lessons from Life and Business. Cette édition 2021 prend vie grâce à une série de magnifiques illustrations spécialement réalisées par quatre femmes artistes du continent: Massira Keita de Côte d’Ivoire, Lulu Kitololo du Kenya, Karabo Poppy d’Afrique du Sud et Awele Emili du Nigéria.

Le livre est téléchargeable gratuitement en ligne et sera également imprimé à plus de 5 000 exemplaires fournis à plusieurs organisations partenaires de Facebook, notamment She Leads Africa, Fate Foundation, DigifyAfrica, Siyafunda, Smart Ecosystems for Women et cCHub. Il sera distribué dans 15 pays, dont le Sénégal, la Côte d’Ivoire, l’Afrique du Sud ou le Nigéria, dans les écoles et aux bénéficiaires des formations proposées par les partenaires de Facebook.

Nunu Ntshingila, Directrice régionale Afrique chez Facebook, a déclaré : « Chez Facebook, nous savons que les femmes africaines sont à la tête de la construction de l’avenir de notre continent. Mères, activistes, entrepreneures ou PDG, elles sont les artisans du changement. Ce livre célèbre quelques-unes des femmes africaines exceptionnelles qui sont des pionnières, motivent, inspirent et plaident pour un monde meilleur. Nous sommes enthousiasmés par leurs histoires individuelles, inspirés par les défis qu’elles ont relevés et reconnaissants pour les enseignements qu’elles partagent.« 


LeadHERs : Leçons de vie par des femmes africaines, comprend les témoignages de :

  • Elizabeth Akua Ohene – Journaliste et politicienne [Ghana]
  • Alice Nkom – Avocate et militante des droits de l’homme [Cameroun]
  • Tecla Chemabwai  – Athlète et éducatrice [Kenya]
  • Baratang Miya – Entrepreneure et PDG [Afrique du Sud]
  • Hindou Oumarou Ibrahim – Activiste environnmentale [Tchad]
  • Dr Judy Dlamini – Entrepreneure, autrice et philanthrope [Afrique du Sud]
  • Hawa Sally Samai – Fondatrice, directrice générale  [Sierra Leone].
  • Bethléem Tilahun Alemu – Fondatrice et PDG [Ethiopie]
  • Lelemba Phiri – Entrepreneure, investisseuse, éducatrice [Zambie]
  • Temi Giwa-Tubosun – Fondatrice et PDG [Nigeria]
  • Vanessa Hau Mdee – Personnalité des médias, musicienne et podcasteuse [Tanzanie]
  • Monica Musonda – Avocate, entrepreneure et PDG [Zambie]
  • Saran Kaba Jones – Fondatrice et PDG [Liberia]
  • Kalista Sy – Showrunner et scénariste [Sénégal]
  • Yvonne Okwara – Journaliste et présentatrice de télévision [Kenya]
  • Tara Fela-Durotoye – Entrepreneure et PDG [Nigéria]
  • Noella Coursaris Musunka – Mannequin et philanthrope [République Démocratique du Congo]
  • Samantha « MisRed » Musa – Personnalité des médias, influenceuse sociale et philanthrope [Zimbabwe]
  • Djamila Ferdjani – Médécin et entrepreneure [Niger]

Ce mois de mars marque le troisième anniversaire du programme #SheMeansBusiness de Facebook en Afrique subsaharienne, une initiative conçue pour former les femmes entrepreneurs du continent à créer, développer et démarrer leur propre entreprise. Facebook lance un nouveau volet de formation sur la résilience des entreprises par l’éducation financière au Nigéria, en Afrique du Sud et au Sénégal, avec des modules supplémentaires visant à améliorer les compétences des femmes chefs d’entreprise en matière de gestion financière, tout en abordant les défis auxquels les femmes entrepreneures sont confrontées, comme l’accès au capital.


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Dix millions de filles supplémentaires risquent d’être mariées durant leur enfance à cause du Covid-19

Dix millions de mariages d’enfants supplémentaires risquent d’être conclus d’ici à la fin de la décennie, menaçant d’anéantir des années de progrès pour réduire cette pratique, selon une nouvelle analyse publiée lundi par l’UNICEF.

Un rapport, intitulé Covid-19 : une menace pour les progrès enregistrés contre le mariage des enfants, publié à l’occasion de la Journée internationale des femmes, prévient que les fermetures d’écoles, les contraintes économiques, la perturbation des services, les décès durant la grossesse et les décès parentaux imputables à la pandémie augmentent les risques de mariage pour les filles les plus vulnérables.

Même avant l’épidémie de Covid-19, 100 millions de filles étaient déjà exposées au risque d’être mariées pendant leur enfance durant la prochaine décennie, et ce, malgré un recul considérable de cette pratique dans plusieurs pays au cours des dernières années. Ces 10 dernières années, la proportion de jeunes femmes dans le monde mariées durant leur enfance a baissé de 15%, passant de près d’une femme sur quatre à une femme sur cinq. Quelque 25 millions de mariages ont ainsi été évités, mais ces progrès sont aujourd’hui compromis.

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