Portrait : Joenia  Wapixana, Brésilienne de souche, et Combattante Foncière.  

Dans un entretien accordé à ONU Info, à l’occasion du 20e anniversaire de la Déclaration et du Programme d’action de Durban, elle affirme qu’il est temps de consacrer davantage de ressources à ce combat.   

« Je m’appelle Joenia, je suis membre de la tribu autochtone Wapixana.  

Ma deuxième éducation, comme je le dis toujours, a été le mouvement autochtone, le travail avec les organisations autochtones. Et, surtout, la lutte pour les droits collectifs des communautés.  

La société doit comprendre que la discrimination à l’égard des autochtones a toujours existé au Brésil. Il y a une discrimination à l’encontre des autochtones qui ne sont pas reconnus ou même respectés.  

Vous pouvez consulter les données disponibles sur la discrimination. La plupart d’entre elles ne concernent que la population d’origine africaine, mais pas les autochtones. Il n’existe pas de données à ce sujet. La plupart des études n’abordent pas la question de la discrimination [à l’égard des peuples autochtones]. 

Ainsi, lorsque vous voyez quelqu’un, comme un ministre, dire que les autochtones ne peuvent pas porter de Nike (tennis) parce que cela entrerait en conflit avec les coutumes autochtones ; ou critiquer une femme autochtone qui utilise un iPhone, comme si cela lui enlevait son identité autochtone ; ou ne pas reconnaître les droits des peuples autochtones en tant que citoyens brésiliens, il s’agit d’une sorte de discrimination institutionnalisée.  

Je pense que lorsqu’une personne a été victime de discrimination raciale, ou souffre de racisme, il est nécessaire de la protéger avec toute la mesure de la loi. Il faut signaler l’incident, même si rien n’en ressort. Il est important pour nous de créer une trace de cette phase que nous traversons.  

La Conférence devrait également tenir des discussions sur l’inclusion des peuples autochtones dans le débat sur les politiques publiques, car il est essentiel d’inclure dans la lutte les besoins spécifiques des différents groupes. 

Des ressources, et pas seulement des lois, doivent être mises à disposition. Parce qu’à partir du moment où vous reconnaissez le problème, mais que vous n’avez pas la structure en place pour le résoudre avec les ressources financières pour mettre en œuvre [la politique], vous finirez par souffrir de la même discrimination, et être dans la même situation que lors de la première conférence     

Cet article fait partie d’une série de reportages multimédias publiés dans le cadre des commémorations entourant le vingtième anniversaire de la déclaration de Durban des Nations Unies, considérée comme une étape importante dans la lutte mondiale contre le racisme ».  

Biographie

Joenia Wapixana  

Diplômée en droit de l’Université fédérale de Roraima, Mme Wapixana défend les intérêts des communautés autochtones de l’Amazonie brésilienne depuis les années 1990.   

En 2018, au terme d’une longue campagne, financée à la base par un financement participatif (crowdfunding), elle est devenue la première femme autochtone élue au parlement fédéral brésilien. La même année, elle reçoit un prix des Nations Unies pour les droits de l’homme, une récompense très médiatisée dont les précédents lauréats sont Eleanor Roosevelt, Martin Luther King et Nelson Mandela.  

Après avoir porté le litige foncier « Raposa Serra do Sol » devant la Commission interaméricaine des droits de l’homme, Wapixana est devenue la première avocate autochtone à plaider et à gagner un procès devant la Cour suprême du Brésil.  

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La Solidarité Continue, 75-93 : lieux d’Accueil Près de Chez Soi

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Voici une liste de différents lieux de solidarité pour la distribution de repas ou l’aide alimentaire pour Paris et la Seine-Saint-Denis, en cette période difficile. Si leur activité avait été annoncée pour la période de confinement, tout porte à croire — et il faut l’espérer — que leurs portes sont restées ouvertes même après la fin officielle du confinement. Car la solidarité ne connaît pas de frontière dans le temps. Avoir une porte à laquelle on peut frapper est toujours rassurant, par cette période difficile.

La liste couvre le 75 et le 93. Nous espérons que chacun aura un lieu d’accueil et de solidarité près de chez soi. Allez, courage, ensemble nous sommes plus forts !

Danse avec le Virus : COVID-19, Cinq Choses à Savoir ou à Faire Savoir

Ndlovu Youth Choir – We’ve Got This

Il existe déjà de nombreux mythes dangereux et plus d’un malentendu concernant le Coronavirus / COVID-19. Nous aimerions vous aider en partageant une courte vidéo où sont expliquées quelques directives de base.

  1. Lavez-vous les mains
  2. Ne vous touchez pas le visage.
  3. Couvrez votre toux / éternuement avec du tissu / coude.
  4. Si vous pensez avoir le virus, où que vous soyez dans le monde, appelez les services d’info spécialisés
  5. Ne répandez pas de rumeurs ou de panique.

Municipales 2020 : 6 Propositions Pour Renforcer l’Intégrité de la Vie Publique Locale

Il y a 2 mois, Transparency International France dévoilait ses 6 propositions pour renforcer l’intégrité de la vie publique locale et lançait une campagne d’interpellation des candidats aux élections municipales dans les 70 plus grandes villes de France. Objectif : placer cette campagne sous les signes de l’éthique et de la transparence puis s’appuyer sur des candidats / maires volontaires pour généraliser les bonnes pratiques au niveau local.
  Pendant 2 mois, une équipe de bénévoles et de permanents de Transparency France a contacté près de 450 têtes de liste pour leur proposer de mettre en œuvre ces 6 propositions. Mardi 10 mars, à 5 jours du 1er tour des élections municipales, Transparency International France présentera une cartographie des candidats engagés pour l’intégrité de la vie publique locale. Les citoyens pourront utiliser ces données ouvertes pour savoir quels candidats placent l’intégrité et la transparence au cœur de leur projet municipal et pour interpeller ceux qui n’auraient pas encore répondu. Et ce n’est pas tout : l’ONG proposera également un accompagnement aux collectivités soucieuses de la bonne mise en œuvre de ces propositions à l’instar de ce qui se fait déjà au sein du Forum des Collectivités engagées.
Cliquez ICI pour en savoir plus.

Nigeria : l’Onu Soutient un Projet de Loi contre le Harcèlement Sexuel

Les Nations Unies ont appelé les journalistes, les médias et les groupes de la société civile nigérians à mobiliser leur soutien pour le projet de loi interdisant le harcèlement sexuel dans les établissements d’enseignement supérieur.

Le Sénat tient actuellement une audience publique sur le projet de loi qui est réintroduit l’année dernière après que la BBC a diffusé un documentaire d’investigation produit par l’une de ses journalistes, Mme Kiki Mordi, sur le harcèlement sexuel dans les universités ouest-africaines.

La représentante de l’ONU des femmes  au Nigéria et dans la CEDEAO, Mme Comfort Lamptey, a fait cet appel jeudi à Abuja. D’après elle :

«Les femmes et les filles sont soumises de manière disproportionnée à la violence, notamment au fémicide, à la violence sexuelle, à la violence entre partenaires intimes, à la traite et aux pratiques néfastes.

«Les principaux obstacles à la compréhension de l’ampleur de ce problème comprennent la faiblesse des structures de signalement du harcèlement sexuel et de la violence dans les universités ; des déséquilibres de pouvoir extrêmes entre les étudiants et les professeurs et une culture de stigmatisation qui fait honte aux victimes et aux survivants », a-t-elle déclaré.

La représentante des Nations Unies a félicité Mme Mordi pour avoir utilisé «sa voix et ses dons pour plaider en faveur de l’égalité des sexes en mettant en évidence certains des problèmes pertinents touchant les jeunes femmes».

En octobre dernier, Mme Mordi a filmé un documentaire sur les pratiques du « sexe contre note » dans certaines universités ouest-africaines.

À propos du film de Mme Mordi, Mme Comfort Lamptey a notamment déclaré:

«Dans son documentaire révolutionnaire, Sex for Grades, Kiki a aidé à donner aux femmes et aux filles nigérianes survivantes de violences sexuelles un sentiment de justice.

«La violence contre les femmes et les filles est aujourd’hui l’une des violations des droits humains les plus répandues dans le monde. Une femme sur trois dans le monde a subi des violences physiques ou sexuelles », a-t-elle ajouté.

Dans son discours d’acceptation, Mme Mordi a déclaré qu’elle continuerait de plaider pour l’égalité des sexes et la justice sociale.

amené et traduit par Adekoya Badero

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