Carnaval 2021 : pour la Troisième fois de son Histoire, Trinidad et Tobago va Devoir s’en Passer

C’était peut-être prévu, mais maintenant c’est officiel: grâce à la pandémie COVID-19, les célébrations du carnaval de Trinité-et-Tobago 2021 ont été annulées.
Le Premier ministre Keith Rowley a fait cette annonce dans l’après-midi du 28 septembre, qualifiant le festival national de «l’environnement idéal pour la propagation du virus». Malgré le coup économique inévitable que la décision aura, dit-il, il n’est pas prêt à prendre le risque.
La réaction, comme on pouvait s’y attendre, était partagée. Alors que la plupart des gens ont applaudi la décision, la qualifiant à la fois de «attendue» et de «solide», d’autres se sont interrogés sur le sort de ceux dont les revenus dépendent du festival national.
D’autres pays qui accueillent des carnavals annuels, dont le Brésil, ont déjà reporté leurs événements de 2021, mais ce n’est que la troisième fois dans l’histoire que Trinité-et-Tobago met le leur en attente – une histoire que l’auteur trinidadien Michael Anthony a relatée dans son livre «Parade of les carnavals de Trinidad, 1839-1989 ″.
Dans le chapitre intitulé «Carnaval dans une guerre mondiale», Anthony a noté que le festival s’est poursuivi comme d’habitude pendant la Première Guerre mondiale, qui s’est déroulée en grande partie en Europe. Après la fin de la guerre, les célébrations de 1919 étaient connues sous le nom de «Carnaval de la victoire». Pendant la Seconde Guerre mondiale, le festival n’a pas eu lieu du tout entre 1942 et 1945, bien que des célébrations «spontanées» aient eu lieu les 8 et 9 mai 1945 en l’honneur du jour de la Victoire en Europe (VE) et les 15 et 16 août 1945 pour la Journée de la Victoire sur le Japon (VJ).
Le festival de rue du pays a été reporté de février 1972 à mai 1973 en raison de la menace du virus de la polio, ce n’est donc pas comme si la décision de reporter les célébrations du carnaval de l’année prochaine était sans précédent. En fait, de nombreux internautes l’ont vu venir, mais espéraient qu’une célébration virtuelle pourrait prendre sa place.

Seule possibilité caressée par les organisateur, un carnaval virtuel. Les parties prenantes du Carnaval de Trinité-et-Tobago expriment déjà leur enthousiasme quant à l’opportunité de partager leur créativité dans le domaine virtuel. A quelque chose malheur est bon !

ibinimori

Je Vous Présente Fatimata Sy, une Styliste Rockmantique

Fatimata Sy

« Enfant, je découpais des silhouettes de poupées, que j’habillais ensuite de vêtements de papier. En troisième, mes copines m’ont conseillé de devenir styliste ». Si une conseillère d’orientation l’en décourage dans un premier temps, sa vocation se rappelle à elle après son BTS de commerce international. Elle compte parmi les premières promotions de l’école Mode Spé, à qui l’on apprend le merchandising, le commercial, le style… L’étudiante fait ensuite quelques stages au sein de bureaux de style, pour lesquels elle commande les tissus, constitue des books, court les défilés. Diplômée, Fatimata trouve du travail dans le Sentier, où, aux côtés d’une modéliste, elle confectionne des collections pour des marques comme Plein Sud, ou Toi mon toi. « Comme c’étaient de toutes petites structures, j’ai touché à tout », se souvient-elle encore.

Fatimata Sy, à l’oeuvre

2005 : l’heure est venue pour Fatimata, 31 ans, de monter sa propre entreprise. « Je voulais que tout soit fait en France. Faire des séries revenait trop cher, alors je me suis lancée dans la pièce unique. Au début, les boutiques avaient du mal à comprendre le concept, et me demandaient 10, 15 pièces. Aujourd’hui, cette pratique est rentrée dans les mœurs ». Elle se trouve alors un style, qu’elle appelle « Rockmantique ». « En chinant, je me suis aperçue que j’adorais le vintage, les tissus nobles comme la soie, la dentelle. J’achetais des nuisettes désuètes que je revisitais, en les rebrodant, et en y ajoutant des éléments plus trash, noirs, des bords francs. » Autre autoportrait : « Je suis le fruit, d’une part, de la culture sénégalaise, où les femmes sont fières, belles, chatoyantes, et voluptueuses. Mes coupes soulignent les fesses, les seins des femmes. D’autre part, j’aime la couture tailleur : précieuse, minimaliste, sombre ».

Forte de cette identité, elle s’est lancée dans l’ère « Montreuil ». Elle met un an à s’accoutumer à la ville. « J’en suis vraiment tombée amoureuse après les portes ouvertes des ateliers d’artistes. Je suis alors rentrée dans la dynamique de la ville, en fréquentant des personnes du monde de la musique, du cinéma. J’ai exposé au théâtre, au cinéma Méliès, organisé un défilé avec le lycée Eugénie-Cotton, travaillé avec le centre aéré, sous-loué un atelier au « café-couture » », etc. De fil en aiguille, l’idée d’acquérir son atelier fait son chemin. « Quand j’ai vu que les tatas (flingueuses, ndlr) s’installaient, je me suis dit : c’est maintenant ou jamais ». Même si sa quête de locaux a duré cinq ans, elle a fini par avoir son petit pignon sur rue, son atelier-boutique au cœur de Montreuil.

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Lékansi Ninishola