La Grande Muraille Verte d’Afrique, un Investissement Bénéfique — FAO

La Grande muraille verte d’Afrique, qui vise à lutter contre la désertification dans la région du Sahel, est non seulement cruciale au regard de la lutte contre le changement climatique, mais est aussi un débouché commercial intéressant pour les investisseurs, d’après une nouvelle étude menée par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et publiée dans Nature Sustainability

Selon l’analyse, pour chaque dollar investi dans cette initiative de grande ampleur visant à mettre un frein à la dégradation des terres sur le continent africain, du Sénégal à l’ouest à Djibouti à l’est, les investisseurs peuvent s’attendre à un rendement moyen de 1,2 dollar, sachant que les montants obtenus varient entre 1,1 et 4,4 dollars. 

Faire évoluer les discours

D’après le Coordonnateur des projets internationaux au sein de la Division des forêts de la FAO et l’un des principaux auteurs de l’étude, Moctar Sacande, nous devons faire évoluer le discours sur la région du Sahel afin de montrer que, malgré l’environnement hostile et sec de la région, les investisseurs peuvent tout de même obtenir un rendement viable en investissant dans la restauration des terres.  

L’analyse est fondée sur des données de terrain et des données satellitaires qui permettent de suivre la dégradation des terres sur la période 2001-2018. Ces données sont ensuite comparées aux coûts et aux avantages de la restauration des terres selon différents scénarios adaptés aux circonstances locales.

D’après M. Sacande, les résultats de l’analyse sont le dernier élément nécessaire pour comprendre la situation économique et viennent s’ajouter à la volonté politique et au savoir-faire technique déjà en place et devraient encourager le secteur privé, qui manifeste un intérêt croissant.

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Le Droit à la Sécurité Sociale : une Question Urgente, Selon la Cheffe des Droits de l’Homme à l’Onu

La Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme a déclaré lundi que l’impact de la crise de la Covid-19 et l’évolution du monde du travail font du droit à la sécurité sociale pour tous « une question de la plus haute urgence ».

Michelle Bachelet participait à la toute première table ronde intersessions sur le droit à la sécurité sociale organisée par le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies à Genève.

L’objectif était d’identifier les défis et les meilleures pratiques, à travers un débat entre les États membres, les agences des Nations Unies, les organes de traités et la société civile, entre autres.

Pour Mme Bachelet, il ne pouvait pas y avoir de meilleur moment pour parler de sécurité sociale et de protection sociale. En raison de la pandémie, 255 millions d’emplois ont été perdus en 2020 seulement.

« Les lacunes dans la couverture des systèmes de protection sociale et les prestations de protection sociale inadéquates ont contribué aux inégalités qui ont accéléré et aggravé les impacts de la Covid-19 », a déclaré le Haut-Commissaire.

Faciliter l’accès aux soins de santé

La sécurité sociale facilite l’accès aux soins de santé, protège les personnes contre la pauvreté et garantit les droits économiques et sociaux essentiels, notamment l’alimentation, l’eau, le logement, la santé et l’éducation.

La Haut-Commissaire estime que les États membres ont « clairement reconnu » l’importance des filets de sécurité sociale l’année dernière, lorsqu’ils ont répondu à la pandémie par des mesures de protection sans précédent pour atténuer ses impacts sociaux, économiques et sanitaires.

Au plus fort de la crise, du Malawi au Pérou, en passant par les Philippines, la Finlande et les États-Unis, les gouvernements ont rapidement étendu leurs programmes d’assistance sociale.

Ils ont introduit de nouveaux transferts en espèces à de nombreuses personnes qui sont généralement exclues, y compris les travailleurs informels, pour la plupart des femmes et des indépendants.

En Argentine et en Bolivie, par exemple, des ressources ont été utilisées pour faire progresser des systèmes d’imposition plus progressifs, créant ainsi un espace fiscal plus large pour la protection sociale.

« Mais beaucoup de ces mesures étaient temporaires », a averti Mme Bachelet. « Et dans chaque région, il reste encore beaucoup à faire pour faire du droit à la sécurité sociale, une réalité pour tous ».

Maintenant, a-t-elle soutenu, les États membres devraient passer des mesures temporaires et ad hoc des premiers mois de la pandémie à des politiques à plus long terme.

Manque de protection sociale

Selon le Rapport mondial sur la protection sociale de l’Organisation internationale du travail (OIT), plus de la moitié de la population mondiale n’a actuellement aucune protection sociale.

Seuls 26% des enfants dans le monde reçoivent des prestations de protection sociale et moins de la moitié des femmes ayant un nouveau-né dans le monde reçoivent une aide en espèces à la maternité. Environ 30% seulement des personnes gravement handicapées perçoivent des prestations d’invalidité.

La transition en cours vers une économie verte et l’introduction de nouvelles technologies modifient également le paysage du travail, en particulier pour les plus défavorisés.

« La sécurité sociale est une boîte à outils essentielle pour aider les travailleurs à naviguer dans ces changements et renforce une résilience inestimable pour l’économie dans son ensemble », a déclaré Mme Bachelet.

Pour la Haut-Commissaire, non seulement ce type de protection est « un droit humain fondamental », mais il est également « indispensable à l’exercice de nombreux autres droits et nécessaire à une vie dans la dignité ».

Le renouvellement de la solidarité est la pierre angulaire du Programme commun du Secrétaire général, qui vise à lutter contre les inégalités et à guider la façon dont le monde peut mieux se remettre de la pandémie. Pour Mme Bachelet, dans ce contexte, la coopération internationale avec les pays moins développés « est essentielle et profitera à tous ».

Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH) s’efforce de faire progresser les systèmes de protection sociale dans le monde, la priorisation des budgets de santé et une participation plus large des travailleurs de la santé et des communautés aux régimes de protection sociale.

« Les systèmes de protection sociale ne sont pas une ponction sur les ressources : ils constituent un investissement inestimable dans des sociétés saines », a conclu la Haut-Commissaire.

ibinimori

ONU : Quand les Femmes Prennent les Choses en Main

La contribution des femmes activistes à la construction de la paix dans le monde est mise en évidence dans une exposition d’images prises par des femmes photographes. Cette exposition, intitulée « Quand les femmes prennent la paix en main », a été inaugurée jeudi au siège de l’ONU à New York.

« Quand les femmes prennent la paix en main », présente le profil de 14 femmes de trois continents qui ont joué le rôle de médiatrices auprès de groupes armés, participé à des pourparlers de paix, proposé des solutions politiques et plaidé pour les droits et la participation des femmes.

Leurs histoires nous parviennent de la République centrafricaine, de la République démocratique du Congo, du Mali, du Soudan et du Soudan du Sud, du Liban, du Yémen et de la Colombie.

Selon l’ONU, malgré les progrès réalisés au cours des dernières années, les femmes sont encore fréquemment exclues des processus de paix formels, alors que leurs expériences, leurs connaissances et leurs compétences diverses ne sont souvent pas reconnues. Ola al-Aghbary est la fondatrice de la Sheba Youth Foundation for Development, qui se concentre sur l'autonomisation des jeunes et des femmes au Yémen.   . Hana Haza’aOla al-Aghbary est la fondatrice de la Sheba Youth Foundation for Development, qui se concentre sur l’autonomisation des jeunes et des femmes au Yémen. .

Des femmes photographes locales 

L’ONU s’est associée à des femmes photographes locales, qui non seulement documentent les histoires des femmes qui s’efforcent d’instaurer un climat de paix dans leurs communautés, mais font aussi face aux mêmes défis.

« Lorsque je capture les visages et les voix de ces femmes, je ressens de l’espoir et de la fierté », a déclaré la photographe malienne Kani Sissoko. « Ce travail me permet d’avoir un dialogue avec la génération future, de montrer qu’une femme a sa place partout et pas seulement à la maison ».

L ‘exposition virtuelle et physique a été lancée en septembre dernier durant la 76e session de l’Assemblée générale de l’ONU : sur le site web de UN Exhibits et l’exposition physique à l’emplacement phare de Photoville au bord de l’eau à Dumbo près du pont de Brooklyn à New York. 

L’exposition s’est ouverte jeudi au siège de l’ONU à New York, en marge du débat du Conseil de sécurité sur les femmes, la paix et la sécurité, qui met l’accent cette année sur la contribution des femmes locales au maintien de la paix, à la consolidation de la paix et aux cadres de transition pendant et après les opérations de paix des Nations Unies.  

Vous pouvez en savoir plus sur la manière dont ces 14 femmes ont fait la paix, ainsi que sur les photographes qui les ont profilées.

Les femmes restent trop souvent à la périphérie des processus de paix

Abus Sexuels en RDC au Temps d’Ebola : le Chef de l’OMS s’excuse

Le chef de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a présenté ses excuses aux survivantes d’exploitation et d’abus sexuels commis par des employés de l’agence onusienne dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri, en République démocratique du Congo (RDC), dans le cadre de la riposte à Ebola entre 2018 et 2020.

Lors d’une conférence de presse à Genève à l’occasion de la publication du rapport d’une commission d’enquête indépendante, le Directeur général de l’OMS, Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, a promis de punir les coupables.

Les conclusions du rapport dénoncent des « défaillances structurelles » et des « négligences individuelles ». Des dizaines de femmes se sont vu proposer du travail en échange de rapports sexuels ou ont été victimes de viol. La commission a identifié 83 auteurs présumés, dont 21 étaient des employés de l’OMS.

Le chef de l’OMS avait nommé en octobre dernier cette commission d’enquête, co-présidée par l’ancienne ministre des Affaires étrangères du Niger, Aïchatou Mindaoudou, et l’activiste congolaise Julienne Lusenge. Outre les deux co-présidentes, la commission est composée de cinq autres experts.

Conséquences sévères pour les responsables

« La première chose que je tiens à dire aux victimes et aux survivantes c’est que je suis désolé. Je suis désolé, désolé de ce qui vous a été imposé par des personnes qui étaient employées par l’OMS pour vous servir et vous protéger », a déclaré mardi Dr Tedros, promettant des « conséquences sévères » aux responsables.

« Ce qui vous est arrivé ne devrait jamais arriver à personne. C’est inexcusable. C’est ma priorité absolue de m’assurer que les auteurs ne sont pas excusés, mais qu’ils sont tenus de rendre des comptes. En tant que Directeur général, j’assume la responsabilité ultime du comportement des personnes que nous employons et de toute défaillance de nos systèmes qui a permis ce comportement », a-t-il ajouté.

Il a affirmé qu’il assumerait « personnellement la responsabilité d’apporter les changements nécessaires pour éviter que cela ne se reproduise à l’avenir ». « La commission a fait un travail remarquable pour faire entendre la voix des victimes et des survivantes. Mais l’enquête n’est pas terminée et nécessitera des travaux supplémentaires », a-t-il précisé.

Le chef de l’OMS a promis d’agir dans trois domaines.

Premièrement, le chef de l’OMS veut fournir un soutien, une protection et la justice aux victimes et aux survivantes.

L’OMS a mis fin, dès la publication du rapport, au contrat de quatre des 21 auteurs présumés employés par l’agence onusienne. Les autres avaient des contrats de courte durée et n’étaient alors plus employés. Ils se verront exclure de tout emploi futur. En outre, l’OMS transmettra les allégations de viol aux autorités nationales en RDC pour qu’elles enquêtent, ainsi que dans les pays d’origine des auteurs présumés.

L’OMS veut également fournir des services et un soutien aux victimes et aux survivantes, même si elle n’a pas encore connaissance de leur identité.

Deuxièmement, l’agence onusienne veut prendre des mesures pour remédier aux défaillances.

« Nous devons avoir une tolérance zéro pour l’exploitation et les abus sexuels, et une tolérance zéro pour l’inaction à leur égard. Je regrette profondément que les souffrances des victimes aient pu être exacerbées par les défaillances apparentes dans la manière dont l’Organisation a traité les signalements », a dit le Dr Tedros.

Deux hauts responsables ont été placés en congés administratifs « et nous prenons des mesures pour nous assurer que d’autres personnes susceptibles d’être impliquées soient temporairement déchargées de tout rôle décisionnel » dans cette affaire, a précisé le chef de l’OMS. Il a aussi annoncé qu’un organisme externe sera chargé d’identifier les manquements individuels au sein de l’OMS.

Un jour sombre pour l’OMS

Enfin, Dr Tedros juge nécessaire une « réforme complète de nos structures et de notre culture ».

« La commission a identifié le besoin de changements fondamentaux dans nos structures et nos capacités institutionnelles pour prévenir, détecter et répondre à l’exploitation et aux abus sexuels dans les communautés que nous servons », a-t-il dit.

« C’est un jour sombre pour l’OMS. Mais en mettant en lumière les échecs des individus et de l’Organisation, nous espérons que les victimes sentent que leurs voix ont été entendues », a-t-il conclu.

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La Semaine africaine du climat a pour objectif de créer un élan régional avant la COP 26

Des réfugiés à Minawao, dans le nord-est du Cameroun, plantent des arbres dans une région marquée par la déforestation.

Les sessions thématiques virtuelles de la Semaine africaine du climat 2021 ont démarré lundi avec des appels à l’action lancés par les principales voix de la région.

« L’ambition doit être le mot qui guide toutes nos actions. Nous sommes engagés dans une course contre la montre », a déclaré la Secrétaire exécutive d’ONU Climat (CNUCC), Patricia Espinosa, à cette occasion.

Selon la cheffe d’ONU Climat, cette rencontre, organisée par le gouvernement ougandais avec l’appui de l’ONU et plusieurs entités régionales, est l’occasion de favoriser la collaboration sur les défis urgents et de renforcer la résilience face aux risques climatiques croissants dans la région.

« La Semaine africaine du climat crée un élan pour la réussite de la COP 26 », a estimé Mme Espinosa, en référence à la Conférence des Nations Unies sur le climat qui aura lieu en novembre à Glasgow, en Ecosse.

L’évènement, qui se déroule jusqu’au 29 septembre, rassemble plus de 4.500 participants, notamment des représentants de gouvernements, des chefs d’entreprise et des reprsentants de la société civile, pour engager un dialogue axé sur les solutions et mettre en valeur l’action climatique.

Il vise également à fournir des informations sur les campagnes de l’ONU ‘Objectif Zéro’ et ‘Course vers la résilience’, tout en veillant à ce que les voix régionales soient entendues dans le processus multilatéral sur le climat.

La Semaine africaine du climat se concentre sur trois domaines clés :

L’intégration d’une action ambitieuse dans les secteurs économiques clés dans la planification nationale.

L’adaptation aux risques climatiques et le renforcement de la résilience.

Saisir les opportunités de transformation pour placer la région sur la voie d’un développement à faibles émissions de gaz à effet de serre et hautement résilient.

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Portrait : Joenia  Wapixana, Brésilienne de souche, et Combattante Foncière.  

Dans un entretien accordé à ONU Info, à l’occasion du 20e anniversaire de la Déclaration et du Programme d’action de Durban, elle affirme qu’il est temps de consacrer davantage de ressources à ce combat.   

« Je m’appelle Joenia, je suis membre de la tribu autochtone Wapixana.  

Ma deuxième éducation, comme je le dis toujours, a été le mouvement autochtone, le travail avec les organisations autochtones. Et, surtout, la lutte pour les droits collectifs des communautés.  

La société doit comprendre que la discrimination à l’égard des autochtones a toujours existé au Brésil. Il y a une discrimination à l’encontre des autochtones qui ne sont pas reconnus ou même respectés.  

Vous pouvez consulter les données disponibles sur la discrimination. La plupart d’entre elles ne concernent que la population d’origine africaine, mais pas les autochtones. Il n’existe pas de données à ce sujet. La plupart des études n’abordent pas la question de la discrimination [à l’égard des peuples autochtones]. 

Ainsi, lorsque vous voyez quelqu’un, comme un ministre, dire que les autochtones ne peuvent pas porter de Nike (tennis) parce que cela entrerait en conflit avec les coutumes autochtones ; ou critiquer une femme autochtone qui utilise un iPhone, comme si cela lui enlevait son identité autochtone ; ou ne pas reconnaître les droits des peuples autochtones en tant que citoyens brésiliens, il s’agit d’une sorte de discrimination institutionnalisée.  

Je pense que lorsqu’une personne a été victime de discrimination raciale, ou souffre de racisme, il est nécessaire de la protéger avec toute la mesure de la loi. Il faut signaler l’incident, même si rien n’en ressort. Il est important pour nous de créer une trace de cette phase que nous traversons.  

La Conférence devrait également tenir des discussions sur l’inclusion des peuples autochtones dans le débat sur les politiques publiques, car il est essentiel d’inclure dans la lutte les besoins spécifiques des différents groupes. 

Des ressources, et pas seulement des lois, doivent être mises à disposition. Parce qu’à partir du moment où vous reconnaissez le problème, mais que vous n’avez pas la structure en place pour le résoudre avec les ressources financières pour mettre en œuvre [la politique], vous finirez par souffrir de la même discrimination, et être dans la même situation que lors de la première conférence     

Cet article fait partie d’une série de reportages multimédias publiés dans le cadre des commémorations entourant le vingtième anniversaire de la déclaration de Durban des Nations Unies, considérée comme une étape importante dans la lutte mondiale contre le racisme ».  

Biographie

Joenia Wapixana  

Diplômée en droit de l’Université fédérale de Roraima, Mme Wapixana défend les intérêts des communautés autochtones de l’Amazonie brésilienne depuis les années 1990.   

En 2018, au terme d’une longue campagne, financée à la base par un financement participatif (crowdfunding), elle est devenue la première femme autochtone élue au parlement fédéral brésilien. La même année, elle reçoit un prix des Nations Unies pour les droits de l’homme, une récompense très médiatisée dont les précédents lauréats sont Eleanor Roosevelt, Martin Luther King et Nelson Mandela.  

Après avoir porté le litige foncier « Raposa Serra do Sol » devant la Commission interaméricaine des droits de l’homme, Wapixana est devenue la première avocate autochtone à plaider et à gagner un procès devant la Cour suprême du Brésil.  

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La Décennie des langues autochtones 2022-2032 sera axée sur les droits fondamentaux de leurs utilisateurs

L’inventeur de l’alphabet yoruba parlant et le roi d’Ifè (Ooni)

Les participants à l’événement de haut niveau « Lancer une décennie d’action pour les langues autochtones » ont publié, le 28 février, une feuille de route stratégique pour la Décennie des langues autochtones (2022-2032) qui donne la priorité à l’autonomisation de leurs utilisateurs.

Plus de 500 participants de 50 pays, dont des ministres, des dirigeants autochtones, des chercheurs, des partenaires publics et privés et d’autres parties prenantes et experts, ont adopté la Déclaration de Los Pinos, à l’issue de cet événement de deux jours organisé à Mexico par l’UNESCO et le Mexique. La Déclaration place les peuples autochtones au centre de ses recommandations sous le slogan « Rien pour nous sans nous ».

La Déclaration de Los Pinos, conçue pour inspirer un plan d’action mondial pour la Décennie, appelle à la mise en œuvre des droits internationalement reconnus des peuples autochtones, exprimés notamment dans la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones de 2007 et le Plan d’action de 2017 visant à garantir l’unité de l’action à l’échelle du système des Nations unies menée pour réaliser les objectifs définis dans la Déclaration de 2007. D’autres instruments normatifs sont invoqués tels que la Convention de l’UNESCO concernant la lutte contre la discrimination dans le domaine de l’enseignement (1960), la Convention internationale des Nations unies sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale (1965), ainsi que les deux pactes internationaux de 1966 relatifs d’une part aux droits civils et politiques et d’autre part aux droits économiques, sociaux et culturels.

Dans ses recommandations stratégiques pour la Décennie, la Déclaration de Los Pinos souligne les droits des peuples autochtones à la liberté d’expression, à l’éducation dans leur langue maternelle et à la participation à la vie publique en utilisant leurs langues, comme conditions préalables à la survie des langues autochtones dont beaucoup sont actuellement au bord de l’extinction. En ce qui concerne la participation à la vie publique, la Déclaration souligne l’importance de permettre l’utilisation des langues vernaculaires dans les systèmes judiciaires, les médias, le travail et les programmes de santé. Elle souligne également le potentiel des technologies numériques pour soutenir l’utilisation et la préservation de ces langues.

S’appuyant sur les enseignements tirés de l’Année internationale des langues autochtones (2019), la Déclaration reconnaît l’importance de ces langues pour la cohésion et l’inclusion sociales, les droits culturels, la santé et la justice. Elle souligne leur pertinence pour le développement durable et la préservation de la biodiversité car elles maintiennent des connaissances anciennes et traditionnelles reliant l’humanité à la nature.

Les données actuelles indiquent qu’au moins 40% des 7 000 langues utilisées dans le monde sont plus ou moins menacées. Bien qu’il soit difficile d’obtenir des chiffres fiables, les experts s’accordent à dire que les langues autochtones sont particulièrement vulnérables car nombre d’entre elles ne sont pas enseignées à l’école ou utilisées dans la sphère publique.

D’autres données statistiques seront disponibles courant 2020 lorsque sera publié l’Atlas des langues de l’UNESCO, une base de données sur pratiquement toutes les langues humaines.

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Ethiopie : l’UNICEF dénonce « un niveau de cruauté déconcertant » contre les enfants au Tigré

Alors que la crise dans la région éthiopienne du Tigré est entrée dans « son sixième mois sans qu’aucune fin ne soit en vue », le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) s’est inquiété, mardi, des conséquences du conflit sur les enfants.

Selon l’agence onusienne, les femmes et les enfants sont de plus en plus vulnérables dans les régions du Tigré, de l’Amhara et de l’Afar touchées par le conflit, alors que les conditions continuent de se détériorer et que les déplacements internes s’intensifient rapidement.

Au Tigré, « il s’agit d’une crise de protection », a déclaré lors d’une conférence de presse virtuelle, James Elder, porte-parole de l’UNICEF.

« Ce qui émerge est un tableau inquiétant de violations graves et continues des droits de l’enfant », a-t-il ajouté. A ce sujet, il indique avoir reçu « des déclarations personnelles de la part d’enfants ». « Ces derniers ont dit à nos équipes qu’ils ont été violés. Le personnel de l’agence onusienne a également reçu « des témoignages déchirants de femmes victimes de violences sexuelles ».

Un centre a enregistré en moyenne 3 cas de violence sexiste par jour

« Vous savez tous que le président de l’Éthiopie, le ministre de la Femme, de l’Enfance et de la Jeunesse, la Commission éthiopienne des droits de l’homme (EHRC) ont dénoncé de multiples cas de viols et de violences sexuelles », a d’ailleurs rappelé le porte-parole du HCR.

Parmi tous ces « récits traumatisants de survivants », il y a le sort de cet enfant qui n’avait que 14 ans. « J’ai entendu des rapports de viols collectifs », a-t-il ensuite détaillé, relevant « un niveau de cruauté déconcertant » décrit lors de ces attaques.

Depuis le début de l’année, un seul centre soutenu par l’UNICEF a ainsi enregistré en moyenne, trois cas de violence sexiste par jour

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Denise Padín Collazo : Prospérer et non Survivre

La militante et auteure Denise Padín Collazo, d’origine portoricaine, a publié son livre «Thriving in the fight: a survival manual for Latinas on the front lines of change». Après 25 ans d’activisme pour le changement de politique économique aux États-Unis dans la «lutte pour la justice raciale, politique et économique» au sein de l’organisation confessionnelle Faith in Action, Padín Collazo soutient le leadership des femmes de couleur par le mentorat et l’écriture, en particulier, comme elle le dit, beaucoup abandonnent l’activisme en raison de l’épuisement.

Je me suis assis avec elle sur Zoom pour parler davantage de son livre. L’entrevue a été condensée pour des raisons de longueur et de clarté.

Melissa Vida (MV): Vous dites que « nous devons faire les choses que nous devons faire pour prospérer, pas seulement survivre. » Que veux-tu dire par là?

Denise Padín Collazo (DPC): Mon expérience au fil des ans en tant que leader de la justice sociale est qu’il y a eu de nombreuses fois où j’ai vraiment baissé la tête et faire le travail. Vous «resteriez dans le combat» pour la justice raciale, économique et politique ou vous pourriez remporter une victoire, mais vous êtes juste épuisé. Après avoir survécu, vous vous rendez, ce qui est l’étape juste avant de partir. Et l’abandon est cet endroit où vous avez perdu la joie, l’énergie, la créativité. Vous faites le travail, vous portez un lourd fardeau, mais vous ne vous présentez pas comme la version la plus brillante, la plus efficace et la plus badass de vous que vous puissiez.

Denise Padín Collazo

MV: Quelle est la sauce secrète pour prospérer, alors?

DPC: Il y a trois clés. Je pense que nous devons conduire dans notre vision lorsque nous voyons quelque chose dans notre esprit qui n’existe pas encore. Parfois, nous nous retrouvons à mettre en œuvre la vision de quelqu’un d’autre et ce n’est pas là que nous sommes à notre meilleur. Ensuite, il s’agit de vivre pleinement en soi et de ne pas reculer dans le coin de la pièce et d’attendre les réponses et la permission des autres. Mon inspiration pour cela est de savoir comment, en tant que latino-américains, ou de pays d’Amérique latine ou de culture caribéenne, il y a juste une façon d’être quand nous sommes tous ensemble, nous sommes simplement «plus». Nous sommes plus gros, plus bruyants, plus heureux. Et la troisième clé est de nous rappeler l’amour pour notre peuple, l’amour pour le travail de changement, l’amour pour nous-mêmes, ce qui est suffisant pour nous aider à nous propulser au-delà de tous les négatifs comme les messages qui nous ont été enseignés en tant que jeunes filles. quant à la manière dont les femmes sont censées être dans le monde.

MV: À quoi ressemble le contraire du rétrécissement?

DPC: En tant que Latina, j’ai été élevée pour servir humblement dans les coulisses et je n’ai jamais espéré de reconnaissance – pas de récompenses, rien de tout cela. J’ai dû reprendre courage et obtenir le courage de mes sœurs pour m’aider à diriger depuis le front. Ce n’est pas l’endroit où je me sens le plus à l’aise pour diriger, mais comme nous sommes si peu de Latinas à diriger, nous n’avons pas le choix. Vous n’êtes pas obligé de le faire de la manière égoïste qui a été modelée pour nous auparavant, nous pouvons diriger en tant que collectif. Les gens avec qui nous travaillons ont besoin que nous soyons aux avant-postes. Et cela ne veut pas dire que nous devons travailler davantage. Parfois, cela signifie que nous devons travailler moins, donc nous avons le temps de respirer, de nous reposer, de prendre le soleil, de nous rafraîchir parce que nous passons beaucoup de temps à nous évacuer.

MV: Cela m’amène à ma prochaine question: qu’est-ce que «la culture de l’urgence?»

DPC: Dans le livre, je présente un certain nombre de symptômes de la suprématie blanche qui existent dans les organisations. L’un de ceux-ci est la culture de l’urgence. Dans de nombreux endroits où je travaille, il y a juste cette mouture qui ne s’arrête jamais. Nous travaillons pour la transformation raciale, politique et économique, et ce n’est pas un travail facile, et cela ne s’arrête vraiment jamais. Il est très difficile en tant qu’avocat de reprendre son souffle et d’arrêter. Donc, certaines choses sont urgentes, comme les tremblements de terre, les ouragans, les fusillades. Mais certaines choses ne le sont pas. Je veux que nous le remarquions et que nous y poussions. Par exemple, le temps est mesuré différemment à travers le monde. Et ici aux États-Unis, vous pourriez passer un appel téléphonique de 30 minutes avec quelqu’un et c’est tout. Mais nous ne pouvons pas être pleinement nous-mêmes en une demi-heure. J’ai donc appris à ne pas penser de cette façon et à me laisser ouvert à la magie qui se produit lorsque vous prenez plus de temps pour faire quelque chose, ou pour être avec les gens et les écouter.

MV: Vous avez consacré un chapitre entier à dénoncer l’anti-noirceur. Pourquoi?

DPC: 2020 a été une année où nous avons tous été interpellés par les jeunes, brillants et incroyables leaders du mouvement Black Lives Matter, qui ont créé un moment partout dans le monde qui nous oblige à nous demander: comment est notre silence complice du système tel qu’il est? J’ai regardé les conversations se dérouler, du moins aux États-Unis, et cela finit par être une construction noire ou blanche, et les Latinos se penchent en arrière dans des espaces où la race est discutée. Si vous parlez à une personne latino [non noire] et que vous lui demandez si elle a déjà remarqué de l’anti-noirceur dans sa propre communauté, certains diront: «Oui, mais c’est très amusant…». Ce n’est pas bon. Il s’agit du dicton en Amérique latine mejorar la raza («améliorer la course») qui consiste à rendre la race plus blanche. Il s’agit de votre tía (tante) qui dit: «N’épousez pas cette personne parce qu’elle est plus sombre que vous.»
En tant que Latinas, nous avons cette opportunité de construire de très bonnes relations avec nos sœurs afro-latines et nos sœurs qui s’identifient comme noires ou d’origine africaine. À quoi cela ressemblerait-il si nous avions de vraies conversations au sein de la communauté latino-américaine sur l’anti-noirceur et commençons à vraiment le remettre en question? C’est partout dans notre culture. Il ne me suffit pas d’être un combattant pour la justice raciale, je dois travailler sur notre peuple – aller parler à vos tíos (oncles) et cousins.

MV: Nous avons parlé de «Latinos», mais les Latinos ne sont-ils pas tous différents? Quel est le lien commun?

DPC: Aux États-Unis, toute personne d’origine latino-américaine est classée dans une seule catégorie. Mais le fait est que nous ne parlons pas tous la même langue, nous ne mangeons pas la même nourriture, nous ne nous ressemblons pas tous. Il y a tellement de diversité. Mais la seule chose qui nous unit tous est une histoire commune d’oppression, de colonisation et d’extraction des ressources naturelles qui continue de se produire aujourd’hui. L’Église et les systèmes violents comme l’esclavage et parfois l’extermination nous ont appris à croire que la blancheur est la bonne chose. Certains Latinos qui sont au milieu, entre le blanc et le noir, se confondent parfois. Le but est de vraiment comprendre que nous sommes tous opprimés. Notre libération, y compris les Blancs, est réalisée par la libération des Noirs. Si nous ne pouvons pas vraiment comprendre cela, nous ne verrons qu’une partie de l’image.

MV: Comment envisagez-vous l’avenir de l’activisme social?

DPC: J’adorerais voir un avenir dans lequel le leadership des femmes est centré, que l’idée de diriger «avec» et non «par-dessus» devienne la norme et non l’exception. Nous en avons assez dans ce monde. Nous avons assez d’argent, d’eau, d’air frais. Il y en a assez. Nous devons juste centrer l’attitude d’amour et de leadership qui concerne tout le monde et non certaines personnes. Et je ne dis pas que les femmes sont parfaites, mais j’ai énormément confiance en notre leadership. S’il y a ce rêve que vous avez dans votre tête et que vous ne l’avez pas encore vu? Va le chercher. C’est à vous de l’obtenir.

Attaques en dessous de la Ceinture, Arme Facile contre les Femmes : le cas de l’Activiste Chantal Mutamuriza

Les femmes journalistes, féministes, militantes et défenseurs des droits humains du monde entier sont confrontées à un harcèlement virtuel. Dans cette série, l’alliance mondiale de la société civile CIVICUS met en évidence la nature sexiste du harcèlement virtuel à travers les histoires de femmes qui travaillent pour défendre nos libertés démocratiques. Ces témoignages sont publiés ici grâce à un partenariat entre CIVICUS et Global Voices.

Une crise politique s’est déclenchée au Burundi en 2015 lorsque l’ancien président Pierre Nkurunziza a décidé de briguer un troisième mandat. Au cours de son mandat – qui s’est terminé par sa mort peu de temps avant la fin officielle de son mandat en 2020 – son gouvernement s’est lancé dans une répression systématique des médias, des journalistes, des organisations de la société civile et des défenseurs des droits humains. Les journalistes ont été victimes de harcèlement judiciaire, tandis que les médias doivent faire face à des réglementations étouffantes et à des fermetures.

Sous le régime du successeur de Nkurunziza, le président Évariste Ndayishimiye, les journalistes et les défenseurs des droits continuent de faire face à des défis. L’arrestation de militants politiques et la récente annonce publique de la condamnation de 34 personnes exilées – dont des journalistes et des défenseurs des droits humains – à la réclusion à perpétuité pour tentative de coup d’État contre l’ancien président, illustrent les obstacles à la liberté d’expression dans le pays. Des militants tels que Germain Rukuki restent en prison pour leur travail en faveur des droits humains, tandis que de nombreux autres sont en exil ou toujours portés disparus.

À la lumière de ces violations, en 2017, le rapport de la Commission d’enquête des Nations Unies sur le Burundi a demandé à la Cour pénale internationale d’ouvrir une enquête. Cependant, le gouvernement burundais a rejeté le rapport, affirmant qu’il n’avait «aucune crédibilité».

Chantal Mutamuriza est une féministe, défenseuse des droits humains et fondatrice de l’ONG Light For All, une organisation qui s’attaque au problème de la résilience économique et des moyens de subsistance des femmes et des enfants réfugiés burundais en Ouganda. Elle avait auparavant travaillé pour des organisations de haut niveau des droits de l’homme au Burundi, en Gambie, à Genève et au Mali. Elle a été prise pour cible dans le cadre d’une campagne de dénigrement sexiste dénigrant les conclusions de la commission des Nations Unies.

c’est l’histoire de Chantal Mutamuriza:

Un jour, j’ai réveillé jusqu’à 2000 tweets
C’est le stress mental.

Vous vous réveillez, vous utilisez votre téléphone, vous voyez des tweets qui tentent de délégitimer votre travail:

«Scandale de l’ONU #ChantalMutamuriza maneater petite amie.»

Le harcèlement a commencé en septembre 2017. Le premier rapport de la Commission d’enquête des Nations Unies sur les violations des droits de l’homme au Burundi a été publié, et il était extrêmement accablant. À l’improviste, j’étais quelqu’un qui a été distingué comme étant impliqué.

Le gouvernement burundais a déclaré que le rapport était partial parce que le chef de la commission était impliqué dans une relation avec une jeune femme burundaise – moi. Je peux imaginer les ragots: «Elle a une liaison avec le président de la commission d’enquête!»

Ils ont même dit que j’avais rédigé le rapport:

🔴Scandal Onusien # ChantalMutamuriza femme fatale petite copine #Ouguergouz ancien employée #Ngasou est élément moteur d rapports🇧🇮 @unhrcpr pic.twitter.com/0TyLZ6PDSj

Renegade Giana (@GianaRenegade) 24 septembre 2017

Chantal Mutamuriza femme fatale petite amie #Ouguergouz ancien employé #Ngasou est le moteur des reportages 🇧🇮 @ unhrcpr

Pour tenter de discréditer les conclusions de la commission, ils ont construit une histoire. Compte tenu de mes antécédents professionnels et de mon militantisme pour les droits humains au Burundi, j’ai été une bonne prise.

Ils ont créé des photographies, me mettant avec le président de la Commission. Ils ont recherché mon CV et mon profil LinkedIn. Ils ont même découvert que j’avais travaillé pour la Commission africaine, en tant qu’assistant juridique d’un membre de la Commission d’enquête, et pour l’Union africaine en tant qu’observateur des droits de l’homme. Mon patron à l’époque était Pierre Buyoya, un ancien président du Burundi. Le parti au pouvoir ne l’aimait pas parce qu’il pensait qu’il était impliqué dans la tentative de coup d’État en 2015 et l’a accusé d’avoir tenté de s’emparer du pouvoir:

«Elle travaille avec un ancien président qui a fermenté le coup d’État!»

Ils ont dit que j’étais la «groupie» de Buyoya, un «commando de charme» qu’il a mis dans les bras du président de la commission, pour que l’ONU puisse criminaliser le Burundi.

J’étais totalement sous le choc et incapable de penser: je n’ai même pas rencontré les commissaires; Je n’ai même pas rencontré les enquêteurs; Je n’ai rien fait du tout.

Les accusations ont débuté lors d’une conversation sur une radio basée à Bruxelles, considérée à l’époque comme une caisse de résonance du parti au pouvoir. Mais dès que l’enregistrement radio a été diffusé, les tweets ont commencé à couler: un jour, j’ai eu 2000 tweets sur moi.

J’étais effrayé. Des mesures seraient-elles prises contre moi?

Le régime burundais harcèle les défenseurs des droits humains, certaines femmes ont même disparu. Quelqu’un me suivait-il? Ces gens sont impitoyables, ils peuvent tout faire. J’avais peur de sortir, j’ai perdu le sommeil. Cela a duré plus de trois semaines.

Je me sentais impuissant. Les organisations de défense des droits de l’homme que j’ai contactées ne savaient pas quoi faire – elles ont dit que ce n’était pas physique, c’était une menace mentale. Ils ont dit que si nous agissions à ce sujet, nous amplifierons le problème; ils ont dit que tant que votre sécurité physique est assurée, gardons-la telle quelle. Alors, comment abordez-vous cela? À l’époque, avec l’aide d’amis, nous avons écrit au bureau du président de la Commission d’enquête et affiché la lettre sur les médias sociaux; c’était une tentative de me couvrir contre les accusations infondées, car on ne sait jamais ce qui peut arriver à l’avenir.

Mais je sais que si vous ripostez ou répondez, vous leur donnez simplement la parole pour en dire plus, alors je suis resté silencieux.

C’était dur, vraiment dur. Parce qu’il est en ligne, vous ne savez pas quoi faire et vous ne connaissez pas exactement la personne qui fait cela. Certains défenseurs des droits du Burundi ont vérifié et les mandataires propriétaires du compte Twitter semblaient être affiliés au parti au pouvoir et même au bureau du président. Mais comment abordez-vous cela? Quelle base juridique avez-vous pour cela? Et comment pouvez-vous faire le suivi si vous êtes harcelé par le gouvernement qui fait des choses plus sérieuses, comme tuer des gens? C’est difficile à savoir.

Certaines personnes m’ont dit: «Pourquoi ne pas éteindre le téléphone?» J’ai dit: « Non, j’ai besoin de rassembler des preuves. » Au moins dans 10, 20 ou 30 ans, si quelqu’un vient me voir et me dit: «Vous étiez impliqué dans une liaison», je peux dire: «Non, j’ai des preuves.» En Afrique, très peu de pays ont adopté des lois pour protéger les défenseurs des droits humains, alors peut-être que c’est quelque chose qu’ils peuvent inclure, une clause sur la sécurité en ligne.

À ce jour, quand j’ose tweeter quelque chose sur le Burundi, j’obtiens immédiatement une réponse. Parfois, je pense qu’ils m’ont oublié mais chaque fois que je poste quelque chose, ils ripostent immédiatement.

Les femmes sont attaquées à un niveau différent de celui des hommes en raison de leur sexe et la meilleure façon d’attaquer une femme est à travers sa sexualité. Depuis 2015 au Burundi, certaines femmes défenseures des droits humains ont disparu, tandis que d’autres ont été tuées. La plupart d’entre nous sont maintenant en exil.

La société civile burundaise était autrefois l’une des plus dynamiques d’Afrique, et les femmes étaient incluses. Mais maintenant, je sens qu’ils ont été réduits au silence. Vous ajoutez cela au harcèlement du gouvernement, et c’est très difficile.

J’ai quitté le Burundi il y a longtemps et j’hésite à y retourner. En tant que défenseure des droits humains, je ne serais peut-être pas en sécurité.

Maintenant, j’ai peur de rentrer à la maison. Je ne peux; Je ne sais pas ce qui va m’arriver. Cela a eu le plus grand impact sur moi – je ne sais pas si je serai en sécurité ou non.